Buch 
Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
Entstehung
Seite
104
JPEG-Download
 

104

LÉDUCATION.

publics propres à lui fournir des données utiles pour ses créa-tions à venir : lHôtel des monnaies, lObservatoire, la Sociétéroyale des sciences. Sil ne sest pas pâmé dadmiration devantles peintures de Kensington-Palace, il sest laissé peindre parKneller, lélève de Rembrandt etde Ferdinand Bol. Le portrait,conservé à Hampton-Court, est un des meilleurs quon ait delui. Il sest diverti enfin, donnant licence à ses vingt-cinq anset sinitiant pratiquement aussi aux mœurs locales. Il a rem-placé la servante dauberge de Zaandam par lactrice Cross, quia eu à se plaindre, paraît-il, de sa parcimonie. Mais il a verte-ment repris ceux qui se sont avisés de le chapitrer à ce propos :« Au prix de cinq cents guinées, je trouve des hommes pour« bien me servir avec leur esprit et leur cœur; cette fille ma« médiocrement servi avec ce quelle a à donner et qui vaut« moins (1). » Il a regagné ses cinq cents guinées dans un paritenu chez le duc de Leeds pour un grenadier de sa suite contreun boxeur célèbre du pays. Sur les trois mois ainsi employés,il a pris six semaines pour poursuivre, à Deptford, village dela banlieue aujourdhui englobé dans la capitale, des étudesdont les chantiers dAmsterdam nont pu lui fournir le com-plément. Il sest encore plu à y jouer son rôle dapprentiouvrier, traversant les rues la hache sur lépaule et allantboire de la bière et fumer sa courte pipe hollandaise dans uncabaret qui, jusquen 1808, a gardé le nom de « Taverne duTsar » et le portrait du souverain comme enseigne. Il a ainsifourni à la légende un nouveau cadre dont elle na pas man-qué de semparer, et Burnet lui-même a égaré sa visionhabituellement si nette et sa mémoire si fidèle.

Quant au logis que Pierre a occupé à Deptford, il se trouvedaventure soustrait à toute incertitude : son identité a faitlobjet dune constatation judiciaire. En rentrant en possessionde sa demeure cédée au souverain moscovite, le propriétaire,lamiral John Evelvn, la vue dans un état à faire croire queBaty-Han en personne y avait passé : portes et fenêtres en-

(1) Nartof, p. 9. Lexpression y est plus crue encore.