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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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TRAITS DE CARACTÈRE.

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pas de se plaire, Pierre semble apprécier surtout la débauchevulgaire, et très particulièrement la joie de voir ivres les com-pagnes qu’il se donne. Catherine elle-même est «une biberonnede premier ordre », au témoignage de Bassewitz, et doit à cettequalité une bonne part de son succès. Les jours de gala, onséparait habituellement les sexes, Pierre se réservant le privi-lège de pénétrer dans la salle des dames, où la Tsarine prési-dait au festin et où rien n’était négligé par elle pour ménagerau maître un spectacle récréatif. Mais dans les réunions plusintimes on faisait table commune, et c’étaient alors des finsde repas absolument sardanapalesques. Le clergé avait aussisa place marquée dans les banquets et n’y était pas épargné.Pierre affectionnait, au contraire, d’y voisiner avec les digni-taires ecclésiastiques, mêlant aux libations les plus copieusesles discussions théologiques les plus inattendues, et appliquantaux erreurs de doctrine qu’il cherchait à surprendre l’amenderéglementaire du grand verre d’eau-de-vie à vider. Après quoila controverse avait chance de se terminer par quelque pugi-lat, à sa grande satisfaction. Ses convives de prédilection,capitaines de vaisseau et marchands hollandais, n’étaient pasencore, parmi ceux avec lesquels il s’attablait et trinquaitfamilièrement, au rang le plus bas. A Dresde, en 1711, àl’hôtel du Goldene Ring, son séjour préféré est dans la chambredes valets; il déjeune avec eux dans la cour (1).

Rien de délicat chez lui, rien de raffiné. A Amsterdam, lorsde son premier voyage, il se prend d’enthousiasme pour lecélèbre bouffon Testje-Roen, qui opère en plein vent et dontles farces triviales sont l’amusement de la plus vile populace.Il veut l’emmener en Russie (2).

C’est un rustre. A certains égards, il ne perd rien, jusqu’àla fin, de sa sauvagerie native. Est-ce un sauvage cruel? On l’adit. Rien de mieux établi en apparence que sa réputation deférocité. C’est à voir pourtant. Il assiste fréquemment dansles chambres de torture, aux interrogatoires où l’estrapade

(1) Ârchiw für SàchsLsche Geschichte , t, XI, p. 345.

(2) Scheltema, anecdotes, p. 157.