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L’HOMME.
voie le Tsar en relations presque intimes et avec ce mêmePenn et avec d’autres coreligionnaires, Thomas Story, Gil-bert Mollyson, se laissant offrir leurs brochures, écoutantdévotement leurs sermons. Dix-neuf ans plus tard, arrivant àFriederichstadt, en Holstein, avec un corps de troupes quidevait prêter main-forte aux Danois contre les Suédois, sapremière question était pour demander s’il y avait des quakersdans la ville. On lui indiquait le lieu de leurs réunions, et il yallait (1). Il n’entend pas grand’chose au système de Law, nimême aux finances en général ; l’homme, son système et sadestinée n’en manquent pas moins, aussitôt qu’il en a prisconnaissance, de lui inspirer le plus vif intérêt. Il correspondavec l’aventureux banquier; il le suit d’un regard curieux,émerveillé d’abord, indulgent plus tard et toujours sympa-thique, même à l’heure des pires disgrâces (2).
Dès qu’il s’agit de voir ou de savoir quelque chose, sa viva-cité et son inquiétude d’esprit sont telles que Napoléon sera unhomme patient en comparaison. Arrivant à Dresde le soir,après une journée de voyage qui a mis tout son monde sur lesdents, il n’a pas plus tôt soupé qu’il veut être conduit à laKunstkamera, le musée du lieu ; il y pénètre à une heure dumatin et y passe la nuit, promenant sa curiosité à la lueur detorches (3). Cette curiosité est d’ailleurs, on l’a vu déjà, aussiuniverselle et infatigable que dépourvue de choix et de mesure.La tsarine Marthe Apraxine, veuve de Féodor, venant à mou-rir, en 1715, à l’âge de cinquante et un ans, il veut vérifier lebien fondé d’une opinion accréditée dans le public, à raisonde l’état maladif du défunt et des mœurs austères de ladéfunte ; pour cela il imagine de faire lui-même l’autopsiedu cadavre, et en tire des conclusions satisfaisantes, paraît-il,pour la vertu de sa belle-sœur (4).
Sans cesse augmenté de la sorte, son bagage de connais-
(1) Clarkson, Life of William Penn , 1813, p. 253.
(2) Archive russe, 1874, p. 1578.
(3) Archiw für Sàchsische Geschichte, t. XI, p. 345.
(4) Dolcorockof, Mémoires , t. I, p. 14.