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L’HOMME.
directe en a assuré le succès (1). Je n’ai pas qualité pour entreren controverse à ce sujet, et je serais tout disposé à m’en rap-porter au témoignage admiratif de Maurice de Saxe. Un témoi-gnage contradictoire m’arrête : le Journal de la guerre du Nord,que j’ai mentionné déjà. Pierre, qui en a dirigé la rédaction,ne me semble y briller ni comme historien, ni comme stratège.Les descriptions de batailles que j’y trouve, et on n’y trouveguère autre chose, sont, en général, ou déplorablement insi-gnifiantes, c’est le cas pour celle de Narva, ou, quand ellesentrent dans le détail, notoirement inexactes. Je ne sauraisdire si le grand homme a inventé les redoutes qui ont fait sibonne figure à Poltava ; mais tout le monde sait qu’il s’estcontenté d’y figurer lui-même à la tête d’un régiment, aban-donnant, comme toujours, le commandement en chef à sesgénéraux. Il a apporté quelque application à l’étude du géniemilitaire et s’est occupé de mettre en état de défense sesnouvelles acquisitions du littoral de la Baltique ; mais la forte-resse de Saints Pierre et Paul, à Pétersbourg, pourrait difficile-ment passer pour un chef-d’œuvre, et, des autres ouvragesde ce genre entrepris sous sa direction, pas un, de l’aveumême de ses plus grands admirateurs, n’a été achevé (2).Quant aux sièges, dont le succès peut être mis à son actif,je les vois aboutissant invariablement à un assaut, où s’affir-ment, seules, les qualités brillantes de la nouvelle arméerusse, son courage et sa discipline. Ces qualités me sem-bleraient aussi l’unique appoint indiscutable dont aurait às’augmenter, de ce côté, la gloire du grand créateur. Il acréé presque de toutes pièces, je le montrerai ailleurs, l’in-strument merveilleux qui a assuré la puissance et le pres-tige de son pays ; il a été un organisateur hors pair, etje veux bien même, avec quelques-uns de ses apologistes,qu’il ait devancé son temps, en matière de recrutement parexemple, dans l’application de certains principes, théorique-ment affirmés et proclamés bien avant lui en Occident, mais
(1) PÉtrof, ouvrage cité, t. II, p. 84 et suiv.
(2) Ibid.