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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’HOMME.

Études et créations scientifiques ou artistiques ne sont, d’ail-leurs, pas chez lui simple affaire d’agrément ou d’inclination na-turelle . Il n’a notoirement aucun sentiment de l’art, nul goût soitpour la peinture, soit même pour l’architecture. Sa maison-nette en bois de Préobrajenskoïé, si basse et bientôt si enfoncéedans le sol qu’il pouvait en toucher le toit avec la main, avaitde quoi satisfaire amplement ses convenances personnelles.Longtemps il n’en voulut pas d’autre à Pétersbourg même. Iljugeait à propos pourtant d’y faire bâtir des palais, quiseraient la demeure de ses collaborateurs. Mais les construc-tions languissaient ; il voyait la nécessité de payer d’exempleune fois de plus ; il finissait alors par avoir lui-même son palaisd’Hiver et son palais d’Été. Il y faisait une imitation assezgauche des modèles occidentaux, car il entendait aussi êtreson propre architecte. Les corps de logis se querellaient avecles ailes et faisaient des angles disgracieux, et il avait soin demettre des plafonds doubles dans les pièces qui lui étaientréservées, pour s’y ménager l’illusion d’habiter encore unecabane en bois. Mais l’élan était donné, et, avec le temps,l’architecte français Leblond, engagé aux gros appointementsde quarante mille livres par an, réussissait à corriger les erreurspassées, en imprimant à la nouvelle capitale l’aspect monu-mental et décoratif qui lui convenait. Pierre se préoccupaitégalement d’augmenter le petit fonds de musée artistiquerecueilli pendant son premier voyage en Hollande. Quand ilreparut à Amsterdam en 1717, il sut prendre les airs d’unamateur éclairé ; il arriva à posséder des Rubens, des VanDyck, des Rembrandt, des Jean Stein, des Wan der Werf, desLingelbach, des Bergheim, des Mieris, des Woowermann,des Breughel, des Ostade, des Van Huyssen. Il eut un choixde marines à son palais d’Été, toute une galerie à son châteaude Péterhof. Un dessinateur et graveur de valeur, Picard, etun conservateur, le Suisse Gsell, ex-brocanteur en Hollande,furent attachés au service de ces collections, les premièresque la Russie ait connues.

Tout cela, sans aucune part d’intérêt personnel. On peut