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L’HOMME.
danses. Le tsarévitch Alexis et sa sœur Nathalie assistent à cedivertissement derrière une tenture que l’on entr’ouvre pourleur en donner le spectacle (1).
Vingt ans plus tard, ce seront les mêmes jeux. Pendant lecarnaval de 1724, une bande de soixante à soixante-dix indi-vidus, gentilshommes, officiers et prêtres, y compris le confes-seur du Tsar Nadajinski, bourgeois et gens du peuple, dontun matelot qui marche la tête en bas en faisant des grimaceset contorsions burlesques, accompagne le souverain à traversles rues. Ces gens, choisis parmi les plus grands ivrognes etles plus vils débauchés du pays, constituent une confrérierégulière, se réunissant à jours fixes, sous le nom de « concileétranger à la tristesse » (bezpiétchalnyî sobor), et se livrant àdes orgies qui se prolongent parfois pendant vingt-quatreheures. Des dames étaient conviées parfois à ces réunions, etles plus hauts fonctionnaires, ministres, généraux, des hommesde poids et d’âge, étaient fréquemment tenus de prendrepart aux plaisirs qu’on s’y donnait. En janvier 1725, unoctogénaire d’illustre famille, Mathieu Golovine, doit parordre figurer dans un cortège, costumé en diable. Gomme il s’yrefuse, sur un mot de Pierre, on s’empare de lui, on le désha-bille complètement, on le coiffe d’un bonnet à cornes encarton, et on le tient assis, une heure durant, sur la glacede la Néva. Il en gagne une fièvre chaude et meurt (2).
Pas un événtement pendant tout le cours du règne qui nesoit prétexte au retour de scènes pareilles, la paix de Nystadtaussi bien que le mariage d’un nain favori. Le nain venant àmourir, Pierre met des masques derrière son cercueil commeil en a mis autour de son lit nuptial. Tous les nains dePétersbourg paraissent ainsi en 1724 à l’enterrement de l’und’eux, vêtus de noir et suivant un minuscule corbillard atteléde six petits chevaux espagnols. La même année, pendantune mascarade qui dure huit jours, défense est faite auxsénateurs d’ôter leurs masques même dans la salle de leurs
(1) Korb, p. 118.
(2) Dolgorockof, Mémoires , t. I, p. 136.