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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’HOMME.

d’Helsingfors, etqu’Helsingfors est terre suédoise. Etil se croitabsolument dans son droit. Pour avoir la somme, il oblige lechancelier Piper, son prisonnier depuis Poltava, à signerune traite de trente mille écus sur Stockholm, et, le gou-vernement suédois s’opposant au payement, il fait jeter le signa-taire dans une casemate, où, âgé de soixante-dix ans et malade,le malheureux meurt l’année suivante (1). J’ai dit déjà ce queses façons d’agir ont d’inconséquence et indiquent de confusiondans son esprit en matière de religion. Les registres de confes-sion, dont Catherine fera plus tard mystère devant Voltaire,sont de son invention, et aussi les pénalités pour les réfrac-taires. Il chante au lutrin dans les églises, et chacune de sesvictoires y est célébrée par un service qui ne dure pas moinsde cinq heures. On en met sept pour Poltava, afin de faire bonnemesure au Dieu des armées. Dans les églises qu’il fréquen-tait plus habituellement, des troncs étaient placés pour re-cueillir les amendes qu’il infligeait aux assistants surpris enflagrant délit d’attitude inconvenante, causant ou dormant,et au couvent de Saint-Alexandre Nevski on a conservé uncarcan de fer que la sévérité du souverain réservait aux réci-divistes. Au prochain dimanche, ils entendaient la messe at-tachés par le cou à un des piliers du temple (2).

A d’autres moments ses paroles et ses actes même le fai-saient passer pour inclinant au protestantisme. Il s’entouraitde calvinistes et de luthériens, entamait avec eux des discus-sions dogmatiques où son orthodoxie paraissait fort compro-mise, et écoutait avec recueillement des sermons qui sentaientle fagot d’une lieue. Une ordonnance, rendue en 1706 avecson aveu, accordait à tous les protestants le libre exercice deleur culte. Mais Theiner a publié une série de pièces témoi-gnant des espérances qui, soit avant, soit même après cettedécision, ont été nourries à Rome au sujet de la possibilitéd’une réunion des deux Églises, et par moments il arrivait ausouverain de se montrer accueillant même envers les Jésuites.

(1) Bergholz, Büschings M., t. XIX, p. 67.

(2) Scherer, t. III, p. 238.