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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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PRINCIPES ET PROCÉDÉS DE GOUVERNEMENT. 185

Il commençait, à vrai dire, par les mettre dehors, en 1689;et en 1698, à Vienne, il exprimait à leur égard des opinionspeu avantageuses. « L’Empereur, l’entendait-on dire, ne peutignorer que ces gens-là sont plus riches que lui; pourtantpendant sa dernière guerre avec les Turcs il n’en a tiré ni unhomme ni un sol ! » Gela n’empêche pas que, huit ans plus tard,je voie les Pères en possession d’un collège non seulement àMoscou, mais encore à Pétersbourg et à Arhangel. Ils yrestent jusqu’en 1719. Puis, brusquement, nouvel ordre d’ex-pulsion. Qu’est-il arrivé? Une brouille avec la cour de Vienne,protectrice naturelle des fds de Loyola. Ne pouvant atteindrel’Empereur, Pierre passe sa colère sur ses protégés. Tous sesprincipes de religion et de politique sont à l’avenant (1).

Et les Juifs? A l’égard de ceux-ci, il semble bien y avoir euparti pris de sa part. Il ne les pouvait souffrir. Il n’en voulaitdans son empire à aucun prix. Mais quoi? J’aperçois un Meyerdans son entourage, d’origine très authentique, lequel, avecson beau-frère, Lups, le sert dans diverses opérations ayanttrait aux finances et aux fournitures de l’armée. Je retrouve cetraitant à ses côtés jusque dans les séances du Sénat, siégeantà sa droite, entouré de prévenances et d’égards (2).

Par-dessus tout et en tout, il est utilitaire , et c’est ainsiqu’en matière de morale ses opinions comme sa ligne deconduite aboutissent le plus habituellement au cynisme pra-tique. L’infanticide est puni de mort par sa législation, maisle législateur s’étonne que Charles-Quint ait appliqué la mêmepeine à l’adultère : « Est-ce qu’il avait trop de sujets (3)? » Unjour qu’il est à Vichny'ï-Volotchok, dans le gouvernement deNovgorod, pour une inspection de canaux en construction, ilaperçoit, dans la foule, une jeune fille dont le joli visage etl’attitude embarrassée le frappent en même temps, m’appelle;elle vient, mais toute honteuse et se cachant la figure dans lesmains. II parle de la marier; d’autres jeunes filles qui sont là

(!) Gor iKOF, VII, p. 237, 431; Weber, Dernières Anecdotes, p. 348.

(2) Staehlin, p. 333

(3) Ibid.