Buch 
Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
Entstehung
Seite
215
JPEG-Download
 

TRAITS INTIMES.

215

par Pierre au faubourg allemand nont pas été pour lui don-ner le ton des cours et des cercles élégants de lOccident. Oril nabandonna jamais ces anciennes fréquentations. En jan-vier 1723, se trouvant à Moscou, il partage ses soirées entresa vieille arnie, la femme du maître de poste Fadenbrecht, chezlaquelle il se fait apporter à manger et à boire, le docteurBidlau, lapothicaire Gregori, les marchands Tamsen, Konau etMeyer, sans oublier mademoiselle Ammon, qui entre dans saseizième année et chez laquelle on danse jusquà cinq heuresdu matin (1). Et cest encore une société de choix.

. Le 24 mars 1706, jour de Pâques, écrivant à Menchikof,Pierre fait signer et apostiller sa lettre par les amis quil aréunis autour de lui en ce jour solennel, et je trouve dans cecénacle intime un simple soldat, deux dienchichiks, un paysanenfin qui, ne sachant pas écrire, remplace sa signature parune croix, en y faisant ajouter cette mention « quil a reçu la permission de senivrer pendant trois jours (2) ».

Pierre ne couche jamais seul ; habituellement Catherinepartage son lit; il est rare quil y introduise une maîtresse. Il-se met au lit pour dormir. Il est sensuel, mais point volup-tueux, et il expédie ses amours comme ses autres affaires,à la hâte. Jai expliqué plus haut (p. 114) sa répugnancepour le sommeil solitaire, et, au défaut de sa femme, ilprend pour compagnon de nuit le premier dienchtchik venu,qui a pour consigne de se tenir bien coi, sous peine détre rouéde coups. Pierre a généralement le réveil mauvais. En cam-pagne, à lheure de la sieste, il fait coucher un de ces diench-tchiks par terre et se sert de son ventre en guise doreiller :lhomme doit être à jeun ou navoir pas la digestion laborieuse,car, au moindre mouvement, le Tsar se relèvera dun bond etlassommera (3).

Cela nempêche quil ne soit, au fond, très indulgent en cequi concerne son service personnel. Nartof nous a conté lhis-

(1) Bergholz, Büschings M., t. XXI, p. 183.

(2) Golikof, t. III, p. 94.

(3) Scherer, t. II, p. 81.