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L’HOMME.
toire de certaines armoires imaginées par le souverain pour ymettre sous clef, avec leurs lits, ses ordonnances qui, au mé-pris d’ordres et de menaces réitérés, persistaient à passer lesnuits dehors, courant le guilledou. Il gardait les clefs sous sonoreiller et se levait passé minuit pour inspecter, en compagniede Nartof, le dortoir cellulaire de son invention. Il trouve unenuit toutes les cellules vides. Stupéfaction et colère terrible :
« Les coquins ont donc des ailes ! Je les leur couperai demain« avec ma doubina. « Le jour venu et les coupables paraissantdevant lui, il se contente pourtant de leur promettre, en cas derécidive, une prison mieux gardée et moins confortable (I).
Son personnel domestique se composait de six diench-tchiks, au nombre desquels on voit un Tatichtchef, un Orlof,un Boutourline, un Souvarof; deux courriers pour les mes-sages lointains; un valet de chambre, Polouboiarof; un secré-taire, Makarof, et deux sous-secrétaires : Tcherkassof et Pamia-tine. Nartof en faisait aussi partie, en qualité d’auxiliaire duTsar pour son travail de tourneur en ivoire et en bois, auquelil donnait fréquemment plusieurs heures par jour. Tout cemonde fait exception à la règle générale, qui veut que les per-sonnes ayant affaire au souverain de près ou de loin le détes-tent autant qu’elles le craignent. Toujours comme la grandeCatherine plus tard, Pierre le Grand est adoré de ses servi-teurs intimes.
Il en va autrement avec ses collaborateurs qui sont aussihabituellement ses favoris, mais, sauf Menchikof, ne conser-vent pas longtemps ce dernier titre. Pour ceux-ci, des phasesde condescendance, de faiblesse même poussée à l’extrême,aboutissent invariablement à de brusques changements d’hu-meur et à de terribles retours de fortune. Pendant que cela vabien, ils sont de vrais enfants gâtés; Pierre prend soin de leursanté et de leur bien-être avec une sollicitude de tous les
Mémoires, p. 36. La partie personnelle des souvenirs de Nartof mériteune certaine créance; le reste est une compilation postérieure n’ayant que lavaleur, très équivoque en général, des diverses sources anecdotiques auxquelleselle a été puisée.