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L’HOMME.
(faiseurs) d’une époque plus récente, tour à tour soldats, diplo-mates ou économistes, sans spécialité définie, un peu dilet-tantes, sans préjugés et sans scrupules, sans peur sinon sansreproche, marchant devant eux sans regarder en arrière, tou-jours prêts à tailler dans le vif, merveilleusement propres àfaire vite toutes les besognes et à endosser hardiment toutesles responsabilités. Ils sont comme Pierre les veut et commeil faut qu’ils soient pour ce qu’ils ont à faire ensemble. Il neleur demande pas, et il a raison, d’être des parangons devertu. En 1722, Campredon mande au cardinal Dubois : « J’ai« l’honneur de représenter à Votre Éminence que, si elle ne« joint pas à des pouvoirs les moyens de distribuer de l’argent« aux ministres russes, il ne faut pas espérer de réussir,« quelque avantage que le Tsar puisse trouver dans une« alliance avec la France, parce que si ses ministres n’y trou-« vent pas le leur particulier, leurs intrigues et inimitiésu secrètes feront échouer les négociations les plus utiles et les« plus glorieuses à leur maître. Je vois tous les jours des« expériences de cette vérité (1). » Ces ministres s’appellentBruce et Ostermann, et les expériences, peut-être très réelles,dont l’envoyé français se prévaut à leur égard, n’empêchentpas que l’année d’avant, à Nystadt, ils aient renchéri surPierre lui-même pour la défense de ses intérêts, et obtenu desconditions de paix qu’il n’osait se promettre.
Trois hommes dans tout ce personnel contemporain dugrand règne sont à tirer hors pair : Romodanovski, Chérémé-tief et Menchikof. Les deux premiers ont joui seuls d’un pri-vilège refusé à Catherine elle-même : de pénétrer à touteheure chez le Souverain sans se faire annoncer. En les congé-diant, Pierre les reconduisait jusqu’à la porte de son cabinet.
De toutes les familles princières issues de Rourik, aucune,dans les premières années du dix-huitième siècle, n’égalait eninfluence et situation acquise celle des Romodanovski. Ausiècle d’avant, elle ne comptait pourtant encore que parmi les
(1) 24 juillet 1722. Aff. étr.