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du Saint-Empire ; l’année suivante, après sa victoire sur legénéral suédois Mardefeldt (à Kalisz, 18 octobre 1706), il prendle rang de prince russe souverain (vladiétielnyï r.ousskiï Kniaz),au titre de duc d'Ijora , avec toute l’ingrie comme apanage héré-ditaire ; il est aussi comte de Doubrovna, de Gorki et de Pot-cliep, souverain héréditaire d’Oranienbaum et de Batourine,généralissime, membre du conseil supérieur, maréchal del’Empire, président du collège de la guerre, amiral du pavillonrouge , gouverneur général de Saint-Pétersbourg, lieutenant-colonel du régiment Préobvajenski, lieutenant-colonel destrois régiments des gardes du corps, capitaine de la compagniedes bombardiers, chevalier des ordres de Saint-André, deSaint-Alexandre, de l’Éléphant, de l’Aigle blanc, de l’Aiglenoir...
Il n’est pas satisfait. En 1711, il négocie avec la duchessedouairière de Courlande le rachat de son titre et de son duché,se croit près de réussir l’année suivante et se fait déjà prêterserment par les fonctionnaires du pays (1). Forcé de remettreà un autre temps une prise de possession définitive qui offus-que la Pologne, il n’y renonce pas, et se venge sur les sei-gneurs polonais en les forçant à lui céder à vil prix desdomaines immenses. Il ajoute ainsi à ses splendeurs unerichesse énorme. En Ukraine il fait marché avec Mazeppapour le district entier de Potchep, et s’empare des biens qui yappartiennent aux officiers cosaques. Un poteau à ses armesdressé dans un village équivaut à un titre de propriété ; aubesoin il y ajoute une potence. Il a recours aussi à des spécu-lations, qui, fondées sur la mise en valeur de son pouvoirpresque absolu, ne peuvent être que lucratives. Avec Tolstoï,avec le Juif Chafirof, il crée des fabriques qu’il dote de pri-vilèges arbitraires (2).
Son pouvoir n’est limité que par les repentirs périodiquesdu souverain, suivis de mesures de répression contre les abus
(1) Dépêche de de Bie aux Etats généraux, 26 avril 1712. Archives de laHaye.
(2) Karnovitch, Les grandes fortunes, p. 120 et suiv.