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Je dois me borner dans mon énumération. La personnalitéla plus intéressante du groupe apparaît en ce Basile NikititchTatichtchef, qui a fait souche d’hommes remuants comme luiet dont la famille remonte à Rourik par les princes de Smo-lensk. Celui-ci est le diéiatiel par excellence, le meilleur élèveaussi de Pierre— et d’une école dirigée à Moscou par un Fran-çais. En en sortant, il fit partie avec Niéplouief d’une troupede jeunes gens envoyés par Pierre à l’étranger pour y acheverleur éducation. Quelques-uns, et de ce nombre Niéplouief lui-même, étaient déjà mariés. Par Revel, Copenhague, Ham-bourg, ils gagnèrent Amsterdam et y trouvèrent toute unecolonie d’étudiants russes. Vingt-sept d’entre eux furent alorsexpédiés à Venise, où ils devaient prendre service sur les flot-tes de la République. Niéplouief participa ainsi à une expédi-tion dans l’île de Corfou. Sur tout le littoral de la Méditerranéeet même de l’Atlantique, de Cadix à Gênes, on trouvait alorsde ces étudiants apprentis d’origine moscovite. Des agents spé-ciaux, Béklémichef pour le sud de l’Europe, le prince IvanLvofpour la Hollande et un des Zotof pour la France, étaient char-gés de surveiller et de diriger leurs travaux et leurs pérégrina-tions. Au retour, Pierre les attendait dans son cabinet, et àsix heures du matin, une chandelle à la main, car on étaiten plein hiver et le soleil n’avait pas paru, il vérifiait surune carte leurs connaissances en matière de géographie, lessecouant rudement si l’épreuve ne tournait pas à leur avantageet leur montrant ses mains calleuses, « qu’il a voulues ainsipour donner l’exemple à tous (1) ».
Niéplouief se prépara de la sorte à servir son pays tour àtour comme diplomate en Turquie, chef d’administration enPetite-Russie, directeur des mines dans l’Oural. Tatichtchefl’emporte sur lui en variété d’aptitudes, appropriation facilede ses facultés à tous les emplois, activité infatigable. Élèvemodèle, il passe sa vie à réciter une leçon bien apprise : tou-jours en mouvement à l’exemple du maître et touchant à tout,
(1) Niéplouief, Mémoires , p. 103; Piékarski, La science et la littérature enRussie, p. 141-142.