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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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Moscou, et l’a donné comme adjoint à Golovkine, qui en avaitbesoin pour le service de sa correspondance. Le Juif de Pologneou d’ailleurs est aisément polyglotte. Après Poltava, Golovkinedevenant chancelier, son second monte en grade avec lui, vice-chancelier maintenant, de commis drapier qu’il était naguère.En réalité, il a la direction des relations extérieures. Et il ybrille ! Dans l’affaire périlleuse du Pruth, ses talents de courtiervont jusqu’au miracle et sauvent, ou peu s’en faut, le Tsar etson empire. Le voici au pinacle. Il s’est enrichi, cela va sansdire; il est devenu baron, comme de raison; et il a mariécinq de ses filles aux premiers seigneurs du pays : à un Dolgo-rouki, à un Golovine, à un Gagarine, à un Hovanski, à unSoltykof! Soudain, un coup de vent, et tout s’effondre. Men-chikof, auquel il a coupé l’herbe sous le pied avec ses rapines ;le chancelier Golovkine, dont il a trop ouvertement convoitéla succession; Ostermann, un autre parvenu qui a convoité lasienne, ont profité d’une absence prolongée de Pierre pourconspirer sa perte. Le 15 février 1723, je le retrouve surl’échafaud, la tête déjà posée sur le billot et « les valets dubourreau lui tirant les pieds pour qu’il touche la terre avec songros ventre (1) ». Il en échappe. Un secrétaire de Pierre arriveà temps avec une lettre de grâce commuant sa peine en unexil perpétuel. Il va au Sénat pour l’entérinement de la lettreet, « tremblant encore, la mort dans les yeux », reçoit, ra-conte un témoin, les félicitations et les serrements de maindes membres de l’Assemblée, ses collègues, qui l’ont condamnéà 1 unanimité! Il s’arrange, bien entendu, pour ne pas aller enSibérie, se fait emprisonner à Novgorod, et y attend patiem-ment la mort de Pierre, pour retrouver aussitôt après sa li-berté, rentrer aux affaires comme président du Collège decommerce et refaire sa fortune confisquée, au moyen de nou-veaux trafics.

Une sœur de son père a épousé un autre Israélite baptisé,qui, sous un nom d’emprunt, fait souche à son tour d’une

(1) Büschings M., t. XXI, p. 195; Solovief, t. XVIII, p, 141.