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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’HOMME.

moujik son collaborateur, voire son compagnon. La fortunecontemporaine des Demidof en fournit la preuve.

On en connaît les débuts légendaires, l’anecdote, suspecte,du pistolet avec la marque célèbre alors de Kuchenreiter, confiéaux mains de l’ouvrier de Toula, qui se charge d’y faire uneréparation, et le colloque du Tsar avec le jeune armurier :

Le Tsar. — Ah! si nous étions capables de fabriquer de pa-reilles armes!

L’armurier. — La belle affaire !

Le Tsar (avec un juron et un soufflet). — Fais l’ouvraged’abord, brigand, et vante-toi après!

L’armurier. — Regarde bien d’abord, batiouchka, ce que tuas à voir. Ce pistolet que tu admires est de ma façon. Voicil’autre.

L’armurier s’appelait alors Antoufief. Son père, DemidGrigorévitch, paysan de la couronne et maréchal ferrant auvillage de Parchimo, dans le district d’Alexine, province deToula, est venu vers 1650 s’établir au chef-lieu. Le fils,Nikita, approchait de la quarantaine en 1694, date attribuéeà cette première rencontre avec le souverain, dont la richesseproverbiale des Demidof et le développement actuel de l’in-dustrie minéralurgique en Russie passent pour être sortis (1).Il était marié, et, après lui avoir fait ses excuses, Pierre, dit-onencore, s’est invité à dîner chez sa femme. Le repas fut gai, etune concession de terrains dans le voisinage de Toula pourl’exploitation du minerai de fer en paya l’écot. Ce n’étaitqu’un commencement. Avec le temps, toutes les mines del’Oural seront ouvertes à l’activité et à l’esprit d’entreprise deNikita et de son fils Akinfy (Hyacinthe). En 1707, Nikitarecevait le droit de noblesse personnelle sous le nom de Demi-dof, puis en 1720 la noblesse héréditaire; mais il gardait sesvêtements de paysan, et, tout en le traitant avec les plus grandségards, Pierre continuait à l’appeler du sobriquet familier etrustique de Démidytch. L’homme ne se faisait pas seulement

(i) Archive russe, 1878, t. II, p. 120; Kàrnovitch, Les grandes fortunes,p. 163 et suiv.