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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’HO.VIME.

services, Villebois est devenu aussitôt aide de camp et capi-taine de vaisseau de bas officier qu’il était auparavant. Je neme chargerais pas de raconter après lui et avec le même détaill’aventure qui, deux années plus tard, lui vaut une condam-nation aux galères; comment, envoyé, par un temps trèsfroid, de Strelna à Kronstadt avec un message de Pierre poursa femme, et ayant bu en route beaucoup d’eau-de-vie pourse réchauffer, il s’est trouvé, en pénétrant dans la chambre àcoucher de l’Impératrice, surpris par un brusque changementde température, au point d’en avoir la tête troublée ; comment,en y voyant un lit défait et une femme à demi nue et belle, àce qui lui parut, dans le lit, il a perdu le gouvernement de sessens et le contrôle de ses actions, et quelles ont été, malgréles cris de la souveraine et la présence de ses dames d’honneurdans une chambre voisine, les conséquences de cet égarement.Catherine aurait eu à souffrir, dans cette circonstance, nonseulement de l’outrage en lui-même, mais d’un excès qui s’yserait rencontré, à raison de particularités physiologiques éta-blissant un trait de ressemblance entre l’ex-contrebandier etun roi galant homme, notre contemporain. Quant à Pierre,bien que l’intervention d’un chirurgien eût été rendue néces-saire pour réparer les dégâts ainsi occasionnés, il aurait envi-sagé la catastrophe assez philosophiquement : «■ Cet animal aagi inconsciemment, il est donc innocent; il faut pourtantun exemple; qu’on le mette à la chaîne pendant deux ans. »

La chaîne est le seul point de certitude historique dans toutce récit. Villebois ne semble pourtant pas l’avoir portée plusde six mois; gracié au bout de ce temps, marié même par lessoins du Tsar à mademoiselle Glück, fille de l’ancien pasteurde Marienbourg, et rattaché ainsi aux deux souverains par unlien intime. Sous le règne d’Élisabeth, on le voit contre-amiralet commandant du port de Kronstadt.

Deux autres Français de bonne maison, André et Adrien deBrigny, figurent dans l’armée du Tsar à côté de ce flibustier;mais aussi braves que dépourvus de l’esprit d’intrigue néces-saire pour s’y faire valoir, ils végètent dans des postes infé-