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L’HOMME.
choses de l’intimité du Tsar, Pierre fut grand amateur de co-tillon, mais jamais pour plus d’une demi-heure. Faire violenceaux femmes n’était pas dans ses habitudes, mais aussi, jetantcommunément son dévolu sur de simples servantes, il trouvaitpeu de rebelles. Nartof cite, entre autres, une blanchisseuse.Bruce met cependant en scène, de façon plus dramatique, lafille d’un marchand étranger de Moscou, réduite, pour échap-per aux entreprises amoureuses du souverain, à fuir la maisonde ses parents et à se cacher dans une forêt (1). Un des docu-ments publiés par le prince Galitsine montre le Tsar aux prises,en Hollande, avec un jardinier qui se serait servi de sonrâteau pour éloigner le souverain d’une ouvrière dont il gênaitle travail. Ces rustiques amours ont passé même pour lui avoirlégué les germes d’une maladie qui, insuffisamment guérie,hâtera sa mort (2). Mais madame Tchernichof a été aussi miseen cause à ce propos, et une dépêche de Campredon engagenettement sa responsabilité, en parlant d’une indispositionque Catherine elle-même aurait contractée, en 1725, aprèsaprès avoir partagé le lit de son mari. Encore ces détails qu’onm’excusera de rappeler, — je crois être ici pour tout dire, —ces traits répugnants ne vont pas au plus bas. Nous descen-dons quelques degrés avec Menchikof, et le favori n’était passeul ! Bergholz parle en termes peu équivoques d’un ex-lieu-tenant, joli garçon, que le Tsar a auprès de lui « zu seinemPlaisir » (3). En 1722, le peintre saxon Dannenhauer est chargépar le souverain de faire le portrait d’un de ses dienchtchik, enle peignant tout nu (4). Villebois s’étend sur les « accès de« fureur amoureuse » du Tsar, dans lesquels « tout sexe lui« devient indifférent » . Dans sa dépêche du 6 mars 1710,l’envoyé danois, Juel, demande à son maître s’il ne consenti-rait pas à anoblir un de ses sujets qui est auprès de Menchikofet qui, ayant une jolie figure, pourrait rendre des services en
(1) Mémoires, p. 93.
(2) Galitsine, Mémoires, p. 127.
(B) Büschings M., t. XIX, p. 95.
(4) Ibid., t. XX, p. 556.