Buch 
Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
Entstehung
Seite
259
JPEG-Download
 

LES FEMMES.

259

très haut lieu (1). Cet autre trait échappe donc au doute.« Il faut que Sa Majesté ait dans le corps une légion de dé-« mons de luxure », dit en parlant du souverain un desmédecins qui le soignent dans sa dernière maladie (2).

Mais il y a autre chose, et, dans une physionomie si abon-dante en aspects divers et en contrastes, les apparences comp-tent pour peu; il faut aller au delà; il faut fouiller l’àme etla chair, en sonder les moindres plis et replis, et pour cela,sans plus insister sur des écarts par trop scabreux, il fautsuivre le personnage jusque dans cette peu attrayante carrièred’amoureux, dût notre admiration y sombrer çà et là dans ledégoût. Il se peut que là même, à un détour inattendu deson donjuanisme brutal ou ordurier, il arrive à forcer mieuxencore que notre admiration.

II

Le début de cette carrière est banal : un mariage précoce,quelques années d’assez bon ménage, puis l’attiédissementprogressif du nid conjugal. On se voit rarement, sitôt la lunede miel passée, le Tsar étant presque toujours en voyage ; maison s’écrit des lettres assez tendres, où ne font même pas défautles sobriquets caressants chers aux amants. Lapouchka (petitepatte) est celui que Pierre reçoit et accepte de bon cœur. Il nesera pas le dernier à le porter. Deux enfants viennent aussi,Alexandre, mort en bas âge, puis l’autre, né sous une mau-vaise étoile, Alexis. Les choses se gâtent après la mort deNathalie, en 1694. A ce moment, marié depuis cinq ans déjà,Pierre n’a pas été sans contracter, à la Sloboda ou ailleurs,quelques liaisons extraconjugales ; mais il y a mis une certaineretenue. Fils respectueux, il a eu, en Nathalie, une mère vigi-lante. Cette influence est remplacée maintenant par celle de

(1) Archives de Copenhague.

(2) V illebois, Mémoires.