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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’HOMME.

souverain une place à part et donner à l’histoire si trivialejusqu’à présent de sa jeunesse amoureuse une tournureinattendue. Le nom de cette fille est entouré d’incertitudecomme son origine. Les premiers documents authentiques quien fassent mention l’appellent tantôt Catherine Troubatchofet tantôt Catherine Vassilevska, ou Catherine Mihaïlof. Men-chikof l’a eue d’abord pour maîtresse, tout en courtisant DariaArssénief, alors que Pierre jetait son dévolu sur l’autre sœur,Barbe, dont le favori comptait faire une Tsarine pour devenirainsi beau-frère du Tsar. Il soignait, dans ce but, l’éducationde la nouvelle favorite : « Au nom du ciel, écrivait-il à Daria,« engage ta sœur à apprendre sans cesse le russe et l’allemand ;« elle n’a pas de temps à perdre ! » Yillebois fait de cetteBarbe un laideron, mais avec beaucoup d’esprit et tout autantde méchanceté. Il raconte ainsi les débuts de sa faveur :dînant avec elle et ses compagnes, Pierre lui dit : «Je ne crois« pas que personne se soit jamais avisé de t’en conter, ma« pauvre Barbe, tant tu es peu jolie ; mais comme je ne me« plais qu’aux exploits extraordinaires, je ne veux pas que tu« meures sans avoir été troussée. » Et, la culbutant sur uncanapé séance tenante, sans nul souci des spectateurs, il jointl’action à la parole. Les mœurs de tout ce monde permettentde tenir le récit pour vraisemblable. J’ai déjà indiqué cequ’on y aperçoit d’équivoque dans les rapports établis entreamants et amantes ; quelle étrange confusion et communautéde sentiments et de liens intimes ! Pierre et Menchikof y parais-sent à chaque instant substitués l’un à l’autre ou cumulant desdroits qu’on pourrait croire exclusifs de tout partage. Sont-ilsabsents, l’indivision se perpétue en des messages collectifs, oùtendres ressouvenirs et appels caressants vont pêle-mêle del’un à l’autre groupe, avec les cadeaux qui y sont fréquemmentjoints : cravates, chemises, robes de chambre façonnées parces dames. Daria Arssénief ajoute à sa signature : « La sotte » ;Anne Menchikof : « La toute maigre. » Quant à Catherine,elle met, en 1705 : « Avec deux autres », ce qui s’expliquepar ce passage de la lettre commune : « Pierre et Paul vous