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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’HOMME.

d’épouse et de souveraine. Ce sera, en 1706, pendant le séjourdu Tsar à Hambourg, la fille d’un pasteur luthérien, à laquelle,son père refusant de la livrer, on promettra le mariage et larépudiation de Catherine. Ghafirof aura déjà reçu l’ordre depréparer le contrat. Malheureusement pour elle, la trop con-fiante fiancée consentira à un acompte sur les joies de l’hy-ménée devant que les flambeaux soient allumés, et on la congé-diera aussitôt avec mille ducats (1). Ce sera encore l’héroïned’une fantaisie moins passagère, qui, croit-on, a approchéde très près le triomphe définitif et le rang suprême. Filled’un des premiers partisans de Pierre, quoique d’une fa-mille dévouée à Sophie, famille ancienne et partageant avecles Taticlrtchef une illustre origine, Eudoxie Rjevski était jetéedans le lit du Tsar alors qu’elle n’avait pas quinze ans. A seizeans, Pierre la mariait à Tchernichof, un officier en quêted’avancement, et la gardait. Elle avait de lui quatre filles ettrois fils; du moins passait-il pour être le père de ces enfants;mais les mœurs de vivandière qu’on attribuait à la mère ren-daient cette attribution de paternité plus que douteuse, encompromettant les chances de la favorite. Elle n’arrivait, s’ilfaut en croire la chronique scandaleuse, qu’à provoquer l’ordrecélèbre « d’aller fouetter Eudoxie «, donné à son mari par sonamant, malade et soupçonnant la belle d’y être pour quelquechose. Pierre l’appelait communément : Avdotia boï baba ,Eudoxie « la bataille » . Sa mère est la fameuse PrincesseAbbesse (2).

Son cas ne serait guère intéressant en lui-même, s’il étaitisolé. Malheureusement, et c’est là qu’il faut prendre l’intérêt,fort triste, de cette page d’histoire, sa figure légendaire estégalement typique; elle représente une époque et une société.Son aventure est à peu près celle de Marie Matviéief, fille d’undes plus grands seigneurs du temps. J’ai dit (p. 217) commentcelle-ci est devenue la femme d’un Roumiantsof. Aussi belle

(T Relation du comte Rabutin, envoyé de l’Empereur, Biiscliings M., t. XLp. 490.

'2) Dolooroukof, Mémoires, t. I, p. 175.