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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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LES FEMMES.

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qu’Eudoxie Rjevski, plus aimable, très spirituelle et char-mante de tous points, Marie Matviéief a pris place, commeelle, parmi les demoiselles de cour de l'Impératrice. Cerang, si honorable aujourd’hui, constituait alors presque unevocation au déshonneur. L’entourage féminin de Catherineavait remplacé celui de Nathalie. On ne voyait plus de téremdans les palais impériaux; le harem restait, comme un legsdu passé oriental. Les maris débonnaires faisaient suite auxpères complaisants. Au moment de la mort de Pierre, ma-dame Roumiantsof sera encore enceinte d’un fils, qui de-viendra le héros du futur grand règne, le général victorieuxde Catherine II, et en qui tout le monde reconnaîtra le sangdu grand Tsar.

La postérité illégitime de Pierre équivaut en nombre à cellede Louis XIV. Peut-être la légende y a-t-elle mis quelque exa-gération. La bâtardise des trois fils de madame Strogonof,pour ne parler que de ceux-là, n’est pas une certitude histo-rique. La mère, née Novossiltsof, n’a été qu’une compagned’orgie, d’humeur plaisante et buvant sec.

Nous revenons à l’histoire commune avec Marie Hamilton,encore une demoiselle de cour. Il va sans dire que le romanà tournure sentimentale, où l’imagination de quelques écri-vains s’est égarée à sa suite, n’est qu’un roman. Elle paraîtavoir été une créature assez vulgaire, et Pierre ne s’est pasdémenti en lui parlant d’amour à sa façon. On sait déjà qu’unebranche de la grande famille écossaise, rivale des Douglas, s’estétablie en Russie, à une époque précédant, croit-on, la grandeémigration du dix-septième siècle, et remontant ainsi à Ivanle Terrible. Apparentée à plusieurs grandes familles du pays,elle paraît déjà à peu près russifiée bien avant l’avènement duTsar réformateur. Petite-fille d’Artamon Matviéief, le pèreadoptif de Nathalie Narychkine, Marie Hamilton va à la courcomme ses pareilles, et, assez jolie, partage leur destinée. Maiselle n’inspire à Pierre qu’une passion des plus éphémères.Culbutée entre deux portes et abandonnée aussitôt, elle seconsole avec les dienchtchiks du Tsar, devient grosse à plusieurs