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L’HOMME.
reprises et fait disparaître ses enfants. Pour s’attacher un deces amants trop volages, le jeune Orlof, un assez triste person-nage qui la maltraite et la rançonne, elle vole l’argent del’Impératrice et ses bijoux. Un hasard amène la découverte detous ces crimes petits et grands. Un document de quelque im-portance est égaré dans le cabinet du Tsar; le soupçon tombesur Orlof, qui en a eu connaissance et a passé la nuit dehors.Mis en présence du souverain et interrogé, il se trouble, ima-gine qu’on en veut à sa liaison avec la Hamilton, tombe àgenoux, en criant : Vinovat ! (pardon) et confesse tout, larcinsdont il a profité et infanticides dont il a eu connaissance. En-quête et procès. L’infortunée Marie y est convaincue, enplus, d’avoir tenu des propos malveillants sur le compte de lasouveraine, en plaisantant l’aspect trop fleuri de son visage.Crime capital ! Catherine, quoi qu’on en ait dit, fait preuve,cette fois, d’un assez bon caractère. Elle intercède pour lacoupable et fait agir même en sa faveur la tsarine Prascovie,dont le crédit est considérable et dont l’intervention a d’autantplus de poids qu’on la sait peu disposée habituellement à l’in-dulgence. Dans l’esprit de la vieille Russie, l’infanticide estun crime très accessible aux circonstances atténuantes, et latsarine Prascovie est, à beaucoup d’égards, une Russe devieille roche. Mais le souverain se montre inexorable : « Il neveut être ni Saoul ni Ahab, en violant la loi divine par excèsde bonté. » A-t-il un si grand respect des lois divines ? Je croisbien qu’il s’en moque ; mais il imagine qu’on lui a volé plu-sieurs soldats, et c’est une faute impardonnable à ses yeux.Après avoir subi plusieurs fois la question en présence du Tsar,et avoir refusé jusqu’à la fin de livrer le nom de son complice,alors que celui-ci n’a songé qu’à s’innocenter en la chargeant— pas brillant, cet ancêtre des futurs favoris de la grande Ca-therine ! —Marie Hamilton monte à l’échafaud, le 14 mars 1719,u en robe de soie blanche garnie de rubans noirs » , raconteStaehlin. Grand amateur des mises en scène théâtrales, Pierren’est sans doute pas resté étranger à ce dernier artifice defunèbre coquetterie. Il a le courage d’assister au supplice, et,