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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’HOMME.

rat l’ambassadeur d’une puissance étrangère. Une porteentre-bâillée, derrière laquelle se laissaient entendre un mur-mure de voix douces et un bruissement d’étoffes soyeuses,attira l’attention du diplomate. La cérémonie avait des spec-tatrices invisibles, des habitantes du îérem mystérieux, que lacuriosité entraînait à une demi-violation de leur consigne.Soudain, la porte céda à une violente poussée, et une bellebrune, accompagnée d’un petit garçon se cachant dans sesjupes, parut et disparut aussitôt, confuse et rougissante, aumilieu de l’effarement général des courtisans. La belle bruneétait la tsarine Nathalie, et le petit garçon, âgé de trois ans,et déjà impétueux dans ses mouvements au point d’enfoncerles portes entr’ouvertes, devait un jour faire crouler les mursmêmes du térem. On a vu plus tard un présage dans cette scènepittoresque (1).

L’esprit russe au dix-septième siècle est tourné à la défianceet presque à la haine de la femme. Les proverbes populairesen témoignent : « Les cheveux de la femme sont longs, son« entendement est court... L’esprit de la femme est comme« une maison sans toit... Il faut fuir la beauté de la femme« comme Noé a fui le déluge... Le cheval doit être conduit par« le mors, la femme par la menace... La femme que l’on voit« est de cuivre, celle que l’on ne voit pas est d’or... »

Les historiens russes modernes inclinent à reconnaître dansce trait la marque d’une origine étrangère et contraire à latendance naturelle du génie national. Celui-ci serait portéplutôt à proclamer l’égalité des sexes. En fait, la législationrusse actuelle, aussi bien que les mœurs du pays, répugnent àl’espèce de sujétion qui s’est perpétuée dans les lois et lescoutumes occidentales. En dehors de toute stipulation con-tractuelle, la femme mariée reste, en Russie, maîtresse de safortune. Les idées ayant cours avant l’avènement de Pierre,ainsi que les institutions et les coutumes correspondantes, letérem y compris, seraient d’importation byzantine, issues du

,_!) Oustmalof, t. I, p. 10 et 261.