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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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LES FEMMES.

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grand courant d’ascétisme religieux, monacal, qui a laissé surle développement intellectuel et moral du pays une empreintesi forte. Le térem n’est pas le harem. Le confinement de lafemme dans cette prison procède d’un sentiment très diffé-rent, dicté non par la jalousie, mais par la crainte du péché etdu scandale, par une conception religieuse de la vie qui abou-tit à faire du cloître un idéal, la façon de vivre la plusagréable à Dieu. Si le térem n’est, pas venu directement deByzance comme forme, il en est venu certainement commeide'e(l). Telle est la thèse.

Quoi qu’il faille en penser, la prison est une prison, et sévè-rement gardée. La femme, la jeune fille surtout y sont vrai-ment captives. Elles végètent, privées d’air et de lumière, endes chambres dont l’apparence tient de la cellule et du cachot,dont les petites fenêtres ont d’épais rideaux et dont les portesont des cadenas. Pas d’issues indépendantes : pour sortir, ilfaut passer par la chambre du père ou du mari, qui metles clefs dans sa poche ou sous son oreiller. Les joursde grande réception, quand les convives sont à table et queles « pirogui ronds » ont fait leur apparition, la femme dumaître de la maison se laisse voir pendant quelques instantssur le seuil du gynécée. Les hommes se lèvent alors et vontl’embrasser. Mais elle se retire aussitôt. Quant aux filles nonmariées, nul regard d’homme ne doit pénétrer jusqu’à ellesavant le mariage, et les épouseurs ne font pas exception. Onépouse sans avoir vu, sans être vu aussi. Les fiançailles ressem-blent au jeu de la main chaude. Il y a bien l’intervention de lasmotriltchitsa, la voyeuse. C’est d’ordinaire une parente duprétendant. Elle examine la fiancée, et fait son rapport. Maiselle n’agit qu’au bénéfice du futur. De savoir comment cefutur lui-même est fait compte parmi les curiosités qu’unejeune fille doit s’interdire. En lui apprenant qu’on va la ma-rier, son père lui montre un fouet, emblème de l’autorité qu’ilva transmettre à l’époux. C’est tout ce qu’elle en aperçoit

(1) Zabielise, Vie privée des tsarines russes, p. 83 et suiv. ; Kostomàrof,Hist. de Russie, t. Il, p. 475.