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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’HOMME.

avant d’aller à l’autel. Il est d’usage que le chef de la familleen fasse à ce moment un dernier et le fiancé un premier em-ploi. L’épousée se rend à l’église, couverte d’un voile épais,et silencieuse. Pas un geste, pas une parole, sauf pour répon-dre au prêtre. Pour la première fois alors, l’époux entend leson de sa voix. Au repas qui suit la cérémonie, un rideausépare encore le couple. Après le premier service seulement,la vie conjugale doit commencer pour la mariée. Les fdles dela noce la conduisent alors dans la chambre nuptiale, la désha-billent et la mettent au lit. Puis on attend que le marié soitsuffisamment ivre. Quand ils le voient en point, les garçonsde la noce lui font prendre le même chemin, portant des flam-beaux qu’ils déposent autour du lit, dans des tonneaux rem-plis de froment, d’orge et d’avoine. Le lit est dressé sur desgerbes de seigle. C’est l’instant solennel. La mariée va enfinse montrer à visage découvert. Pour souhaiter la bienvenue àson nouveau maître, elle se lève, s’enveloppe d’une simarrefourrée de martre, fait quelques pas au-devant de lui, respec-tueusement inclinée, puis laisse tomber son voile...

Il se peut qu’elle soit bossue, infirme ou très laide, alorsque celui qui l’a choisie a cru épouser une beauté. A supposermême que la « voyeuse » ait fait consciencieusement sondevoir, elle a eu chance d’être trompée, d’avoir été mise enprésence d’une autre jeune fille. Le cas n’est pas rare. L’épouxmystifié n’a alors d’autre ressource que d’engager séancetenante la compagne mal assortie à le débarrasser de sa per-sonne en prenant le voile. Mais, ayant la vue troublée parle vin, il peut bien n’y pas regarder de si près, et c’est pourcela qu’à tout hasard on l’a fait boire. Il ne s’apercevra queplus tard de sa mésaventure, et alors il y aura mariage con-sommé et acceptation de sa part du fait accompli.

Que sera ce mariage, on le devine. La chronique scanda-leuse et judiciaire du temps abonde en renseignements à cetégard : maris quittant le foyer conjugal et cherchant eux-mêmes refuge dans la paix du cloître ; femmes poussées àbout par les mauvais traitements et s’armant du fer ou du