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L’HOMME.
Livonie suédoise, on ne sait; bourg de Vychki-Oziero auxenvirons de Riga, bourg de Itingen dans l’arrondissement deDerpt, le Iourief d’aujourd’hui, on doute (1). En 1718,le 11 octobre, jour anniversaire de la prise de Notebourg, villesuédoise, Pierre écrira à celle qui est devenue sa femme :
« Kaiérinouchha , salut ! salut à l’occasion du jour heureuxauquel la Russie a pris pied sur vos terres. » Elle semble bienpourtant tenir h la Pologne. Ses frères et sœurs retrouvés plustard s’appellent Skovorochtchenko ou Skovorotski, dont pareuphonie, sans doute, on a fait Skovronski (2). Une familled’émigrés peut-être, de simples paysans en tout cas, ayant fui,peut-on supposer, la loi du servage trop dure dans le paysnatal, pour en chercher ailleurs une plus douce. Elle a dix-sept ans et elle est orpheline. Sa mère a appartenu, croit-on,à un noble livonien du nom d’Alvendhal, qui en a fait samaîtresse. Elle est le fruit de cette liaison, peut-être passagère.Ses père et mère légitimes étant morts, son père naturell’abandonnant, elle a été recueillie, encore enfant, par le pas-teur Glück. Elle a appris le catéchisme, mais point l’alphabet.Plus tard elle saura seulement signer son nom. Elle a grandidans cette maison d’asile, arrivant avec l’âge à se rendreutile, participant aux soins du ménage, gardant les enfants.Glück ayant des élèves étrangers chez lui, elle a aidé à lesservir. Deux d’entre eux raconteront plus tard qu’elle leurfaisait habituellement des beurrées trop petites. Elle aura tou-jours le goût de l’économie. Très libérale de bonne heure sousun autre rapport, disent certains témoignages. Un gentilhommelithuanien, du nom de Tiesenhausen, d’autres pensionnairesdu pasteur, passent pour avoir eu ses faveurs. Elle auraitmême accouché, à cette époque, d’une fille, qui serait morteau bout de quelques mois. Peu de temps avant le siège, sonmaître aurait jugé à propos de couper court à ces irrégularités
(1) Une étude, publiée en 1S57 dans le Westcrmann s illustrirte Monatschrift,a pour objet de prouver que Catherine est née à Riga, dans la famille Badendik,dont descend l’auteur, M. Iversen.
(2) Abssénief, Règne de Catherine , t. I, p. 74-75; Andréief, Les représen-tants de l'autorité en Russie après Pierre J er . Pétersbourg, 1870, p. 5.