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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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CATHERINE.

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de conduite en la mariant. Le mari, ou le fiancé, il y a encoreincertitude, un traban suédois, du nom de Kruse, disparaîtaprès la prise de la ville, prisonnier, lui aussi, des Russes etenvoyé au loin, ou, d’après une version plus accréditée, ayantéchappé à la catastrophe, grâce à une dislocation de troupesqui l’a fait aller avec son régiment du côté de Riga, avant ouaprès la consommation du mariage. Catherine, devenue impé-ratrice, retrouvera plus tard sa trace et lui servira une pen-sion (I).

En attendant, elle fait les délices du corps d’armée russeengagé dans la campagne de Livonie, maîtresse d’un bas offi-cier d’abord, qui la bat, puis du général en chef lui-même,qui s’en lasse vite. Comment arrive-t-elle dans la maison deMenchikof, c’est encore un point sur lequel les témoignagesvarient. D’aucuns veulent que le favori l’ait d’abord engagéeà son service pour blanchir ses chemises. Dans une de seslettres à Pierre, elle semble, alors qu’elle est déjà devenue safemme, faire allusion à ce trait de son passé : « Bien que vous« ayez sans doute auprès de vous d’autres blanchisseuses,

« l’ancienne ne vous oublie pas. » Pierre réplique, d’ailleurs,galamment : « Vous vous trompez ; vous pensez sans doute à« Chafirof, qui confond ses amours avec les soins à donner à« son linge ; je ne suis pas ainsi fait, et du reste je deviens« vieux. « Le certain est qu’elle a commencé par occuperauprès de son nouveau protecteur une situation assez infé-rieure. En mars 1706, mandant à sa sœur Anne et aux deuxdemoiselles Arssénief de venir le rejoindre à Witebsk, pourles fêtes de Pâques, Menchikof prévoit qu’elles pourront êtreretenues d’obéir à son vœu par la crainte des mauvaises routes ;en ce cas, il les prie de lui envoyer du moins Catherine Tron-hatchof avec deux autres filles (2). Le nom de Troubatchof est

__ (XJ Arssénief, Archive russe, 1875, t. II, p. 240.

(2) Oustrialof se refuse à admettre qu’il s’agisse dans cette lettre de la futureImpératrice, invoquant le témoignage de Gordon, au dire duquel l’ex-servanteaurait porté le nom de Catherine Vasilevna jusqu’au moment de sa conversion àla religion grecque, puis celui de Catherine Aléxiéiévna; mais Pierre lui-même,ainsi que d’autres contemporains dans des documents absolument authentiques,