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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’HOMME.

peut-être une allusion au mari ou au fiancé de la belle, troubavoulant dire trompette en russe.

Pourtant un événement considérable a déjà traversé, à cetteépoque, l’existence de celle dont on dispose aussi cavalière-ment : Pierre l’a aperçue et n’est pas resté indifférent à sescharmes. Cette première rencontre a fait encore l’objet derécits divers. Se trouvant chez Menchikof après la prise deNarva, le Tsar s’étonne de l’air de propreté qui paraît autourdu favori et sur sa personne. Comment fait-il pour avoir unemaison aussi bien tenue et du linge frais sur le corps? Pourtoute réponse, Menchikof ouvre une porte, et le souverainaperçoit une belle fille, en tablier, une éponge à la main, sau-tant de chaise en chaise et de fenêtre en fenêtre et frottantvigoureusement les carreaux (1). Le tableau est piquant; il n’ya qu’un malheur : Narva est prise en août 1704, et, à cettedate, Catherine a été grosse au moins une fois déjà du fait dePierre. Au mois de mars de l’année suivante, elle a un fils delui, le petit Piétrouchha, dont Pierre parle dans une de seslettres ; huit mois après, elle en a deux (2).

Ces enfants sont chers au grand homme, puisqu’il a unepensée à leur donner au milieu des terribles soucis qui l’absor-bent à ce moment. La mèrejsemble lui être encore passable-ment indifférente. On a épilogué de façon variée sur les cir-constances qui ont accompagné son passage de la maison dufavori dans celle du Tsar. On les a dramatisées ingénieusement.Après un accord entre les deux amis et une cession formellede droits, Catherine, en s’installant dans sa nouvelle demeure,y aurait aperçu des bijoux magnifiques. Aussitôt, fondant enlarmes, elle aurait interrogé son nouveau protecteur :

— Qui a mis ici ces parures? Si elles viennent de Vautre, jen’en veux garder que cette petite bague; si elles sont de vous,

font désignée sous des noms différents et très divers. L’argument n’a conséquem-ment aucune valeur. (Oustrialof, t. IV, 2 e partie, p. 329; comp. Ecrits et Cor-respondance de Pierre, t. III, p. 816.)

,'i) Mémoires et documents, t. I, p. 163 et suiv. Aff. étr. de France.

(2) Voy. plus haut la lettre où elle signe: « Catherine et deux autres », enoctobre 1705; voy. aussi : Écrits et Correspondance, t. III, p. 283.