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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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CATHERINE.

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comment avez-vous pu penser que vous en aviez besoin pourme plaire ?

Les choses se sont passées vraisemblablement avec beaucoupplus de simplicité. Difficilement pourrais-je me les imaginer,elle aussi désintéressée et lui aussi prodigue. La scène estdailleurs placée, comme de raison, à lépoque un doublelien familial a rattaché la belle Livonienne à son augusteamant. Or, pendant les années qui suivent je naperçois aucunchangement sensible dans lhumble et équivoque situationquelle continue à occuper parmi ses compagnes du gynécéecommun, dont Pierre et Menchikof font, tour à tour ou ensem-ble, leur amusement. Elle est tantôt avec le Tsar et tantôt avecle favori. A Pétersbourg, elle habite avec toutes ces dames lamaison de Menchikof. Elle reste la maîtresse obscure et com-plaisante. Pierre en a dautres, sans quelle savise de trouverà y redire. Elle fait même volontiers du proxénétisme, singé-niant à excuser les défauts et jusquaux infidélités de ses riva-les, compensant linégalité de leurs humeurs par sa gaieté inal-térable. Cest ainsi que, peu à peu et sans quil y paraisse, elleentre de plus en plus avant dans le cœur du souverain et sur-tout dans ses habitudes; elle sy installe, sy fortifie, devientindispensable. Un moment, en 1706, il a lair de craindre quellene lui échappe, comme la Mons. Il commence à se préoccuperdes inconvénients que peut avoir, à ce point de vue, la pro-miscuité dans laquelle lui et Menchikof ont jusquà présentconfondu leurs plaisirs et leurs droits. Il laisse voir dobscuresinquiétudes de conscience, qui peuvent bien nêtre que deséveils inconscients de jalousie. Il a plaisanté sans doute long-temps et tenu pour non avenue la promesse de mariage faitepar le favori à Anne Arssénief ; il lestime valable maintenantet sacrée, et il écrit à son aller ego : « Pour Dieu, pour mon« âme, rappelez-vous votre serment et soyez-y fidèle (l). »

Menchikof sexécute, et Pierre fait comme lui, mais beaucoupplus tard. Dès à présent, il est vrai, Catherine passe pour unie

(1) Archive russe, 1875, t. II, p. 245