CATHERINE.
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don de 3,000 roubles lui a paru suffisant; la seconde, il a crudevoir aller jusqu’aux bénéfices d’un mariage putatif. Puis, sejugeant sans doute engagé, il a (après avoir encore laissé pas-ser une année et subi vraisemblablement quelque obsession,aussi bien de la part de Catherine elle-même que de la partde quelques-unes des personnes mises dans la confidence de cedrame intime, parmi lesquelles la Livonienne a bien su trou-ver des amis), il a, dis-je, fait honneur à sa parole, sans don-ner toutefois à l’événement un grand éclat.
On a observé que nulle autorité ecclésiastique n’avant rompula première union de Pierre avec Eudoxie, et celle-ci demeu-rant en vie, ces secondes noces se sont trouvées entachées d’unenullité radicale. J’en conviens, mais Catherine n’en passe pasmoins pour dûment mariée. Voyons ce que le monde contem-porain pense et dit de cette nouvelle Impératrice.
II
Le baron de Pôllnitz, qui la voit en 1717, en fait le portraitsuivant :
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« La Czarine était à la fleur de son âge, et n’avait rien qui« témoignât qu’elle pût avoir été belle. Elle était grande et« puissante, extrêmement brune, et l’aurait paru davantage,« si le rouge et le blanc, dont elle se masquait, n’eussent« éclairci l’ombre de son teint. Ses manières n’avaient rien« de déplaisant, et l’on était tenté de les trouver bonnes lors-« qu’on pensait à l’origine de cette princesse. Il est certain« que si elle avait eu une personne raisonnable auprès d’elle,« elle se serait formée, ayant un grand désir de bien faire ;« mais il n’v avait peut-être rien de plus ridicule que lés« dames de sa suite. On disait que le Tsar, prince extra-m ordinaire en tout, avait trouvé plaisir à les choisir telles,« afin de mortifier d’autres dames de sa cour, plus dignes« d’être produites... On pourrait dire que si cette princesse