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L’HOMME.
ii n’avait pas tous les charmes du sexe, elle en avait la dou-« ceur... Pendant le séjour qu’elle fit à Berlin, elle témoignaa de grandes déférences pour la Reine et fit connaître que sa« haute fortune ne lui faisait pas oublier la différence qu’il y« avait entre cette princesse et elle. »
La margrave de Baireuth, dont les souvenirs sont posté-rieurs d’une année, montre, comme on peut s’y attendre,moins d’indulgence :
h La Czarine était petite et ramassée, fort basanée, et« n’avait ni air, ni grâce. Il suffisait de la voir pour deviner« sa basse extraction. On l’aurait prise, à son affublement,« pour une comédienne allemande. Son habit avait été achetéh à la friperie ; il était à l’antique et fort chargé d’argent et« de crasse. Le devant de son corps de jupe était orné de« pierreries. Le dessin en était singulier : c’était un aigleii double, dont les plumes étaient garnies du plus petit carat« et tout monté [sic). Elle avait une douzaine d’ordres eth autant de portraits de saints et de reliques attachés tout le« long du parement de son habit, de façon que lorsqu’elle« marchait, on aurait cru entendre un mulet. «
Mais la margrave est une vipère. Campredon, qui n’est pasun modèle d’indulgence, accorde pourtant à la Tsarine de lapénétration et de l’esprit politique. Si elle n’a pas sauvél’armée pendant la campagne du Pruth, elle a eu le mêmemérite pendant celle de Perse. L’aventure, comme il la conte,ne montre pas Pierre sous un jour très flatteur. Pendant lesgrandes chaleurs, le Tsar donnait à ses troupes l’ordre de semettre en marche, puis s’endormait. Au réveil, il trouvait par-fois que pas un homme n’avait bougé, et « demandant« qui avait été le général qui donnait des contre-ordres : C’est« moi, disait cette princesse en se présentant, parce que vos« gens seraient crevés de chaleur et de soif (1). »
J’ai dit que les portraits de la Livonienne conservés à lagalerie Romanof du palais d’Hiver ne fournissent aucun ren-
(lj 6 janvier 1723. Aff. étr. de France.