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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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CATHERINE.

seignement sur les charmes qui ont fait sa fortune. La beautény paraît pas, et pas davantage la distinction. Un gros visage,rond et commun, un nez vilainement retroussé, des yeux àfleur de tête, une gorge opulente, laspect général dune ser-vante dauberge allemande. La vue de ses souliers, conservéspieusement à Peterhof, inspirera à la comtesse de Choiseul-Gouffier cette réflexion que la Tsarine a vécu dans ce mondesur un bon pied (1). Lhistoire doit chercher ailleurs le secretde sa destinée. Cette maritorne dapparence peu séduisante apossédé un tempérament physique dont la vigueur, la résis-tance à la fatigue ont égalé presque ce que nous avons vu, àcet égard, chez Pierre lui-même, et un tempérament moralbeaucoup mieux équilibré. De 1704 à 1723, elle donnait à sonamant devenu son mari onze enfants, morts la plupart enbas âge, et ces grossesses multiples passaient presque inaper-çues, ne lempêchaient pas de suivre le souverain dans toutesses pérégrinations. Elle est la vraie femme dofficier, pahodnaîaofitserskaîa jéna, selon lexpression locale, capable de fairecampagne, coucher sur la dure, habiter une tente et accomplirà cheval double et triple étape. Elle se rase la tête pendant lacampagne de Perse et se coiffe avec le bonnet dun grenadier.Elle passe des revues; elle parcourt les rangs avant le combat,distribuant des paroles réconfortantes et des rasades deau-de-vie. Une balle qui frappe un des hommes de sa suite ne lémeutpas (2). Après la mort de Pierre, les escadres combinées delAngleterre et du Danemark menaçant Revel, elle parlera desembarquer sur un bâtiment de sa flotte pour les repousser.

Elle nétait pas sans coquetterie; elle teignait en noir sescheveux quelle avait naturellement blonds, pour mieux faireressortir léclat de son teint qui était fort vif ; elle interdisaitaux dames de sa cour dimiter ses toilettes ; elle dansait àmerveille, et exécutait en virtuose les pirouettes les plus com-pliquées, surtout quand elle avait le Tsar lui-même pour par-

(1) Béminiscences, 1862, p. 340.

(2) Pylmef, Le passé oublié , p. 441; Mémoires et documents des Aff. étr. deFrance, t. Il, p. 119.