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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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CATHERINE.

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Elle paraît vraiment aimante et dévouée, bien que la miseen scène quelque peu théâtrale de sa douleur, après la mortdu grand homme, jette une ombre sur la sincérité de ses sen-timents. Villebois parle de deux Anglais qui, pendant sixsemaines, s’en donnent journellement le spectacle dans lachapelle où est exposé le corps du défunt, et lui-même déclarey avoir ressenti le même genre d’émotion qu’à une représen-tation d’ Andromaque. Ce qui n’empêche pas la Tsarine derevendiquer en même temps l’héritage du Tsar avec unegrande vigueur et une entière présence d’esprit. L’affectionde Pierre est moins suspecte ; de trame un peu grossière,mais solide. Les lettres qu’il lui adresse pendant les raresmoments où ils sont séparés, expriment avec une sincéritéévidente l’attachement profond du vieillard , comme il s’appellevolontiers, pour sa Katiérinouchka, pour 1’ « amie de son cœur »(drouh serdechnioukiî) {sic) , pour la mère du cher Chichenka (lepetit Pierre). Un tour gai et plaisant y est habituel. Pas degrandes phrases ; des mots simples venant du cœur. Pas depassion ; de la tendresse. Pas de flamme ; une chaleur douceet égale. Jamais une note discordante, et toujours le désir deretrouver le plus vite possible la femme aimée et plus encorel’amie, la compagne, auprès de laquelle on se trouve bien. Illui tarde de la rejoindre, écrit-il en 1708, parce que c’esttriste sans elle, et qu’il n’y a personne pour soigner son linge.Elle imagine, dans sa réponse, qu’il doit être bien mal peignéen son absence. Il réplique qu’elle a deviné juste; mais ellen’a qu’à venir, on trouvera bien un vieux peigne pour re-mettre les choses en ordre. En attendant, il lui envoie uneboucle de ses cheveux. Comme jadis, les cadeaux accom-pagnent fréquemment ses lettres : une montre achetée àDresde en 1711, des dentelles de Malines en 1717, un renardet deux paires de colombes venant du golfe de Finlande.En 1723, écrivant de Kronstadt, il s’excuse de ne rien en-voyer : il n’a pas d’argent. De passage à Anvers, il expédie unpaquet couvert de cachets à ses armes et adressé à Sa Majestéla tsarine Catherine Aléxiéievna. La boîte ouverte, la mère de