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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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CATHERINE.

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Avec cela aucune prétention d’intervenir dans les affairesde l’État, nul esprit d’intrigue. « Pour ce qui est de la Tsarine,« écrit Campredonen mars 1721, quoique le Tsar ait toujours« pour elle beaucoup de complaisance et une grande ten-« dresse pour les princesses, ses filles, elle n’a aucun pouvoir« par rapport aux affaires, dont elle ne se mêle point. Elle« met toute son application à se conserver les bonnes grâces« du Tsar, à le détourner autant qu’elle peut des excès de« vin et autres débauches, qui ont beaucoup affaibli sa santé,« et à modérer sa colère lorsqu’elle est prête à éclater contre« quelqu’un. »

Son intervention dans la catastrophe du Pruth, à la supposerréelle, a été un accident isolé. Sa correspondance avec sonmari prouve qu’elle était au courant de ses préoccupations,mais très en gros. Il s’adresse à elle pour des commissions depeu d’importance, un achat de vin et de fromage pour desprésents qu’il veut faire, un embauchage d’artistes et d’arti-sans à opérera l’étranger. Souvent il lui parle sur un ton deconfidence, mais toujours dans un ordre d’idées générales,sans entrer dans le détail. En 1712, il lui écrit : « Nous« sommes, Dieu merci, bien portants, mais c’est une vie dure ;« je ne puis faire grand’chose avec ma main gauche, et la« droite doit tenir à la fois une épée et une plume; or tu sais« sur combien de personnes je puis compter pour m’aider. »

Elle a su se faire une part et assumer un office, dont le choixindique chez cette paysanne un instinct merveilleux de sa si-tuation. Le diplomate français y fait allusion dans le texteque je viens de citer. Elle a compris qu’à côté du grand Ré-formateur jouant à outrance son rôle de justicier implacable,il y avait un rôle accessoire et nécessaire de pitié et de misé-ricorde ; que celui-ci était bien pour elle, l’humble serve ayantconnu toutes les misères de la vie ; qu’en le prenant, en obte-nant le plus de pardons qu’elle pourrait pour les autres, elle seferait plus facilement pardonner son élévation; qu’enfin, aumilieu des rancunes et des haines soulevées autour du souve-rain par l’œuvre violente de la réforme, un cercle de sympa-

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