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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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CATHERINE.

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avant dans la faveur de Catherine, dame à portrait depuis lecouronnement et confidente intime. Elle soignait la fortune deson frère et arrangeait les rendez-vous. Mais son rôle ne sar-rêtait pas. Avec une madame Iouchkof, Anna Féodorovna,autre grande favorite de lImpératrice, avec la princesse Annede Courlande et quelques dames encore, elle était arrivée àconstituer une espèce de camarilla, tripotant, intriguant etentourant peu à peu le souverain dune marée de sable mouvant,influences occultes et obscures machinations, dans laquelle,affaiblie par la maladie qui le minait, énervée par les obses-sions qui lentouraient, son énergie paraissait comme enlizée.William Mons était làme de cette coterie, prenant lui-mêmele nom dune femme pour correspondre avec une madameSoltykof, qui en faisait partie (1).

Cest lère de la gynécocratie qui déjà commence.

Linquisiteur et le justicier sont ainsi simultanément et pa-reillement mis en défaut chez Pierre. Il a longtemps ignoré cequil lui importait tant de savoir, et, même prévenu, il ne saurapas frapper et se faire justice à lui-même de la plus impardon-nable des injures. Lavertissement lui vient dune source ano-nyme. On a imaginé à ce propos un guet-apens préparé delongue main : Catherine soubliant par un beau clair de luneau fond dun berceau de son parc, devant lequel madame Balkmonte la garde, et Pierre venant ly surprendre (2). Il estregrettable que cette mise en scène ne puisse saccorder avecle calendrier, et quil faille, historiquement, la placer en no-vembre, par vingt degrés de froid, probablement!

Daprès les documents officiels de la chancellerie secrète,Pierre a été mis au fait le 5 novembre. Il fit arrêter le dénon-ciateur, vite reconnu, un subalterne de lentourage de Mons,mena personnellement une enquête rapide dans la chambre detorture de la forteresse Saints Pierre et Paul; mais, contre lat-tente générale, il nagit pas avec la rapidité foudroyante quiétait dans ses habitudes. Son honneur et sa vie même sont en

(1) Mordovtsef, p. 130.

(2) Schereu, t. IV, p. 78.