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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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CATHERINE.

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avoir eu rien dun héros. A en croire les procès-verbaux deses interrogatoires, mis en présence du Tsar après son arresta-tion, il a commencé par sévanouir; il a avoué ensuite tout cequon a voulu. Il faut, en effet, quon nait pas eu de peine àle confesser, puisque, détail significatif, il na pas été mis à laquestion. Quant à madame Balk, après avoir montré dabordquelque résistance, elle a faibli au premier coup de knoute.

Mons fut décapité le 28 novembre 1724. Au rapport du ré-sident saxon, Pierre est allé le voir avant lexécution, pour luiexprimer le regret quil avait à se séparer de lui. Le jeunehomme sut du moins faire bonne figure sur l'échafaud. Commey réussira plus tard un autre gouvernement de terreur, le grandrègne a appris aux hommes à mourir. Le récit daprès lequelil aurait demandé au bourreau de retirer de sa poche un por-trait encadré de diamants, en lui disant de garder le cadre etde détruire limage, celle de Catherine (1),est de notoireet maladroite invention. Les prisonniers étaient vraisembla-blement fouillés dans les prisons du temps. Madame Balk reçutonze coups de knoute, nen mourut pas, ce qui prouve quelleavait la vie dure, fut envoyée en Sibérie à perpétuité, et enrevint après la mort de Pierre. Il ny avait rien de perpétuel àcette époque. Du moment quon emportait la vie sauve, onavait grande chance de remonter du fond des abîmes les plusprofonds. Sur des poteaux entourant le lieu de 1 expiation, unepancarte fut affichée avec les noms de tous les clients aux-quels Mons et sa sœur avaient eu affaire. La hiérarchie en-tière du tchine y était représentée, avec le grand chancelierGolovkine en tête. Le prince Menchikof, le duc de Holstein etla tsarine Prascovie Féodorovna y figuraient aussi (2) !

Catherine montra, au milieu de cette épreuve, une vaillancequi a quelque chose de terrifiant. Le jour de lexécution, elleaffectait la plus grande gaieté. Le soir, elle faisait venir lesprincesses accompagnées de leur maître de danse et étudiaitavec elles des pas de menuet. Mais je lis dans une dépêche de

(1) Crusenstolpe, Der russische Hof Hambourg, 1857, p. 68.

(2) Mordovtsef, p. 48-49.