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Tome II.
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CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SEGUIER

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messes qu’il luy avoit donne'es quand je partis de Gradignan, etau lieu de commander par arrest de mettre les armes bas, commeil avoit commande' au peuple de les prendre, avoit renvoyé' cestede'libe'ration au peuple, qui s’estoit assemblé en tumulte, et, sansdélibérer s’il falloit poser les armes, avoit résolu qu’on propo-seroit au Parlement de donner arrest pour ordonner au peupled’aller prendre Libourne, dans laquelle assemblée du peupleil y avoit des Conseillers du Parlement qui opinoient commebourgeois, pour inciter et forcer les autres à résoudre ce qu’ilsdésiroient; que le Parlement avoit donné l’arrest conforme à ladélibération du peuple, qu’on sortiroit en campagne soubz laconduite de Chambret, et qu’en effet on avoit faict sortir1,800 hommes hors à La Bastide et e'quippé quelques vaisseaux,et qu’enfin, après avoir esté retenu longtemps à Bourdeaux dansle chasteau du Hâ, Chambret et quelques autres accréditez entreles séditieux l’avoient accompagné jusques au basteau pour mevenir trouver. Monsieur d’Argenson, ayant veu toutes ces choses,avoit tant de bonté, qu’il s’estoit encore laissé prendre aux dis-cours de quelques-ungs du Parlement et de Chambret, qui luyprotestoient qu’ils vouloient seulement amuser le peuple et luypromettoient que les gens sortis de Bourdeaux ne passeroientpoint au-delà de La Bastide, et qu’ils les retireroient et poseroientincontinent les armes, s’il pouvoit obtenir de moy qu’on discon-tinuast pour quelques jours le travail du réduit de Libourne.Bien que je cognusse assez les Bourdelois pour croire qu’ilstrompoient Monsieur d’Argenson, et que les choses mesmes qu’ilm’avoit racontées me persuadassent le contraire de ce qu’ilcroyoit d’eux, je ne voulus pas luy refuser quelque expédientd’accommodement, et je luy donnay par escrit signé de mamain une asseurance que je ferois cesser le travail de Libourneaussitost que les Bourdelois m’auroient envoyé à Cadillac ou àLibourne deux Conseillers du Parlement et trois bourgeois deBourdeaux, pour asseurance qu’ils exécuteroient ce qu’ils avoientpromis à Monsieur d’Argenson et vivroient en paix. Quatre oucinq heures après que Monsieur d’Argenson eut envoyé fairesçavoir à Bourdeaux que je m’estois relasché jusques à ce pointà sa prière, nous reçeumes advis que le mesme jour que Mon-sieur d’Argenson estoit party de Bourdeaux, les gens qu’ils enavoient faict sortir à La Bastide avoient pris le chemin deLibourne, et tous les jours suyvans nous avons esté advertis de