Band 
Tome II.
Seite
17
JPEG-Download
 

CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SÉGUIER 17

de ce qu’ils m’avoient faict espérer. Mon ordonnance mesmepour faire rentrer dans la ville ces gens armez, à peyne d’estretraitez comme perturbateurs du repos public, a esté mesprisée etmesme cassée par le Parlement, au lieu que j’estimois qu’elleleur seroit agréable pour se couvrir envers le peuple, auquel ilsme tesmoignoient qu’ils ne vouloient pas adhérer.

Sy vous trouvez à propos, Monseigneur, de donner quelquedéclaratibn contre eux, qui porte interdiction, comme il lesemble nécessaire, pour les chastier de ceste entreprinse sycontraire à l’authorité du Roy, qu’ils ont essayé de ruyner ensoublevant partout les peuples, comme nous l’avons aussy veupar les ordres de leurs mesmes Commissaires, je crois qu’il serabon d’attribuer cependant au Parlement de Paris tout ce qui estdu ressort jusques à la rivière de Dordogne de ce costé-là, età celuy de Tholouse les provinces qui sont depuis la rivière deDordogne et au-deçà, car par ce moyen les subietz du Royauront tousiours des juges et ces deux Parlemens se rendrontfavorables à vostre interdiction, veu que ceux de Tholouse im-prouvent désià fort la conduite de Bourdeaux et qu’ils en tirerontcest advantage. Nous faisons néantmoins ce qui se peut, Mon-seigneur, pour obliger Messieurs de Bourdeaux à se remettredans l’obéissance et à députer vers Monsieur d’Espernon. Il faut

que l’humilité les sauve, puisque la superbe les a perdus.

. me le faict espérer, mais leur humeur, que j’ay tant

recogneüe, m’en met en doubte. Je prie Dieu qu’il esclaire leursentendemens et qu’il change leurs volontez. La mienne seratousiours portée à vous tesmoigner que je suis avecq une ex-tresme passion,

Monseigneur,

vostre très-humble, très-obéissant et très-obligé serviteur,

Argenson.

A Cadillac, ce dernier may 1649.