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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE
désordres passez, qui avoient commencé par une pareille As-semblée dans la Maison de ville, protestèrent contre le Parlementen cas qu’il persistast à vouloir faire l’Assemblée, déclarèrentqu’ils ne s’y trouveroient point, et menacèrent d’en porter auplus tost leurs plainctes au Roy. Ceste résolution des Jurats et lacognoissance de la disposition des principaux bourgeois, fortifiezpar mes domestiques, entre autres le sieur de La Roche, cy-devant capitaine de mes gardes, qui les eust commandez s’il eustesté nécessaire d’en venir aux mains, estonnèrent le Parlement,qui rétracta son arrest du jour précédent et fut contraint degarder, à regret, le repos qu’il vouloit pour la quatriesme foisoster à Bourdeaux, et, s’il eust peu, à soublever la province. Jevous rends mes très-humbles grâces, Monsieur, des soins quevous avez eu la bonté de prendre pour le duc de Candale, monfils. J’ay esté bien ayse d’apprendre qu’il n’eust jamais donnésubiet de plaincte à ceux qui l’ont offensé, et qu’il ayt tesmoignédans tout son procédé qu’il n’a pas manqué de cœur, ny de con-duite, et qu’en une occasion où l’on ne peut le blasmer d’avoireu du ressentiment pour l’injure qui luy avoit esté faicte, il sesoit plus fortement engagé dans les mesmes inte'rests èsquels jesuis entièrement. Mais comme on me rapporte que Monsieur deBeaufort, depuis l’offense qu’il luy a faicte, en a monstre' beau-coup de desplaisir et beaucoup d’estime et d’affection pour monfils, j’auray grande joye d’apprendre que mon fils se contented’une satisfaction raisonnable, au jugement de ceux qui nousfont l’honneur d’en prendre cognoissance, et se réconcilie debon cœur. Je suis passionnément,
Monsieur,
vostre très-humble et très-affectionné serviteur,
Le duc d’Espernon.
D’Agen, ce 18 juillet 1649.