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Tome II.
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LES DESSOUS DE L HISTOIRE

l’église paroissiale. Tous les principaux de la ville ont trempédans ce désordre, et l’on a eu plus de preuves qu’on ne vouloit.L’autre affaire, Monseigneur, que j’ay jugée regarde ung meurtrequi a esté commis en ceste ville avecq des circonstances quirendent l’action la plus criminelle du monde. Ung jeune homme,après avoir desbauché une tille, qui estoit de sa condition, soubzpromesse de mariage, a assassiné le frère, qui poursuivoit la satis-faction de sa sœur par les voyes de la justice, mais avecq unehauteur et ung esclat comme s’il eust allé faire la plus belle :action du monde. Il s’appelle Pomerols, et estoit accompagné ;dans ce rencontre de huit ou dix de ses parens et amis, dont il jV en a deux ou trois de ce nom. Je les ay condamnez tous à ,estre rouez et en de grands dommages et intérests envers la mèredu mort, qui estoit homme de service et brigadier de la com-pagnie de cavallerie de Monseigneur le duc d’Anghien. Je nefais point de difficulté que le sieur Pomerols, président de cePrésidial, ne soit responsable des condamnations pécuniaires, à jcause qu’après que cest assassinat fut commis, le dit sieur pré- jsident Pomerols, qui avoit ung de ses frères complice de l’action,prit par force et authorité, à onze heures du soir, la clef de laprison des Consuls, et ht évader tous ces meurtriers. Ce qui m’adonné lieu de cognoistre de ce crime, c’est qu’avecq le mort il yavoit ung soldat d’une compagnie de Champagne qui est em-ployé à la taille, que l’on perça de part en part d’ung coupd’espe'e, quoyqu’il ne se feust mis, ainsy que l’autre, en aucunedeffense. Attendant l’honneur de vos commandemens, je mediray tousiours avecq respect,

Monseigneur,

vostre très-humble et très-obéissant serviteur,

A Villefranche, ce 9 e juillet i663.

Pellot.