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Tome II.
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PAPIERS DE LA BASTILLE

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veux de Son Altesse Se're'nissime M me la Duchesse douairièreRégente, tout aussitôt après son retour dans ses Etats, et quej’aurois l’honneur de vous faire part de ce que Son Altesse Séré-nissime décideroit à cet égard.

La Régence d’Eysenach ayant fait passer ici, il y a une couplede jours, les éclaircissemens qu’on lui avoit demandés, et lerapport en ayant été fait dans tout le détail possible à Son Al-tesse Sérénissime, elle a remarqué avec satisfaction que la diteRégence s’est justifiée suffisamment des imputations que le sieurKrumm lui a faites avec aussi peu de fondement que les termesdont il s’est servi ont été peu mesurés.

Je suis persuadé, Monsieur, que si vous voulez bien examinersans prévention le rapport de la Régence d’Eysenach, que j’ayl’honneur de vous faire passer, vous conviendrez avec moi quecelle-ci, autorisée par les ordres de sa Souveraine à ne toléreraucun enrôleur dans les pays de sa dépendance, n’a pu en agirautrement à l’égard du sieur Krumm qu’elle n’a fait, et qu’elleen a agi envers lui avec tous les ménagemens possibles.

Le sieur Krumm, contre l’avis de M. de Rietesel, commandantà Eysenach, qui l’a renvoyé à la Régence de cet endroit pour enobtenir la permission de faire des recrües dans le pays, a crupouvoir se passer de pareille permission : il a débauché et en-levé des jeunes gens, nés sujets de ma Sérénissime Souveraine;il s’est servi pour faire cette besogne illicite et défendüe de deuxdéserteurs hessois, non pas à la vérité nés sujets de Son AltesseSérénissime, mais dont l’un l’est déjà actuellement, étant domi-cilié dans un village du pays d’Eysenach, et l’autre le deviendraun jour, lorsque les biens en fonds de terre qui lui reviennentde son beau-père lui appartiendront en propre; il les a séduitsles premiers, en leur promettant des places de bas officiers quevraisemblablement il n’étoit pas en état de leur faire avoir, pourles engager à l’aider à en séduire d’autres, et ceux-ci, désabuséssur l’illusion qu’il leur avoit faite, ont demandé eux-mêmes àêtre reçus au service de leur Souveraine. Le sieur Krumm en aété quitte, pour tout ce dont il s’étoit rendu coupable vis-à-visde la Souveraine d’un Etat où lui et toute sa famille ont jouidepuis longtemps et jouissent encore de toute la protection dési-rable, pour une mercuriale et pour la défense faite aux deuxenrôlés, Schnaut et Hoffmann, de le suivre, qui ne demandoientpas mieux de n’être pas obligés à le faire.