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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE
Qui? nous tous; quelquefois, nous le surpassons même;Je vois dans sa folie un trait de jugement :
Il se croit une brute, il vit brutalement.
Mais nous, c’est encor pis. Orgueilleux que nous sommes,Nous ne raisonnons point et nous nous croyons hommes.Toy donc, qui dans tes mœurs indigne de ton rang,
.(i)-
Vicomte, à qui l’orgueil, le luxe et la mollesseOnt paru jusqu’ici trois titres de noblesse;
Juge, qui sur tes yeux n’a pu même un seul jourSouffrir d’autre bandeau que celui de l’amour;
Moine, qui dans l’ardeur d’allier des familles,
Va pour les soupirans à la quête des filles,
Et qui sçais l’ope'ra pour l’apprendre aux parloirs;Chanoine effe'mine', qui souris aux miroirs,
Toy qui, bien que pourvu de grosses abbayes,
Ne nous parois abbé que dans tes armoiries,
Toy qui, dans tes sermons pleins de faux ornemens,
Fais dire au Saint-Esprit des phrases de romans;
Cure', dont tout le zèle est une humeur bourrue;
Abbesse, que Satan fait loger sur la rüe;
Pre'lat, bien moins pre'lat que bourgeois de Paris;Directeur, si jaloux même des vieux rnarys;
Enfin, toy qui démens tout ce que tu crois être.,
Veux-tu connoître un fou? Tu n’as qu’à te connoître.
Mais je vous entends tous me baptiser fort mal,
Me traiter d’impudent, m’appeler Juvénal!
En quoy l’ay-je imité? Je n’ay point daps mes rimesDécouvert comme luy la nudité des crimes,
Et si ses moindres mots pinçoient pour éveiller,
Les plus hardis des miens n’ont fait que chatouiller.
Ah! s’il venoit ici vous prêcher, fous insignes,
Mortels, qui du nom d’homme êtes si fort indignes,
Ouy, si vous pouviez voir ce censeur bilieuxSur vos égaremens jeter un peu les yeux,
Vous le verriez, outré comme un Feuillet (?) en chaire,Vous livrer au démon avec toute la terre,
N’éclairer jamais rien sans y mettre le feu
(i) Le vers manque.