LES DESSOUS DE L HISTOIRE
Croassant plus que des corneilles,
Du sabbat des magiciensOffroient une peinture affreuse.
Qu’est donc cette troupe hideuse?S’e'cria le divin Momus.
Je la conduis, dit la Folie :
Des advocats c’est la manieDe paroître toujours confus.
Ne les reconnoissez-vous plus?
Du Royaume de l’hâblerieIls possèdent tous les tre'sors :
L’orgueil et la forfanterieAniment ce fantasque corps,
Du moins une bonne partie,
Qui se croit au-dessus des lois,
Vrais sectateurs de RépubliqueEt comme inde'pendans des Roys,Assurant d’un ton fanatiqueQue seuls ils maintiennent les droitsEt font la sûreté publique.
Cicéron, orateur fameux,
Dont ils empruntent l’e'loquenceSouvent se donnoit la licenceDe douter du pouvoir des dieux.
Nos orateurs en font de même,
Ils parlent en termes fleuris,
Et dans le cœur, d’un anathèmeIls ne sont émus ni surpris.
Sans choix, d’une ardeur sans seconde,Us de'fendent avec fracasLa cause du Sauveur du mondeComme celle de Barrabas.Souvenez-vous de cet ouvrageQu’ils ont fait depuis peu de jours,
Et combien leur docte secoursNous a procure' d’avantage.
Par des mots fins et captieuxIls ont brouillé tant de cervelles,
Qu’il vient chaque jour en ces lieuxUn nombre infiny de femelles.