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Tome II.
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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE

bien d’autres le trouvent ainsi. M lle Fortcrue, belle comme l’astredu jour, est introuvable chez elle : je ne l’y ay jamais pu ren-contrer jusqu’ici, et sans la faveur de notre the'àtre de musique,je ne l’aurois pas encore vüe de cette anne'e. Quant à milordClinton, je ne sais ce qu’il fait : tout ce que nous en savons,c’est qu’il est quelque part en France, ce dont j’enrage. Aprèsles instructions que vous m’avez données par rapport au séjourde Paris, je suis plus fâche' qu’étonné de vos ennuis : les nôtressont certainement augmentés au triple depuis votre départ. Iln’y a là nul compliment : nous sommes tous gelés comme lasaison, les belles invisibles, le Parlement tranquille, et le théâtrede musique une solitude à glacer. De quoi faudra-t-il parler:Je n’en sais rien : parlons cependant un peu de la musique.Malgré io3 souscripteurs pour une sérénade ou concert composéde trois voix. : Caverini, Moscovite, Landrioni, le petit théâtrede Hay-Market, où on l’exécute, n’a jamais pu être rempli àmoitié. Les souscripteurs avoient payé dix guinées chacun; on afait un call pour cinq autres guinées, afin de convertir ce concerten opéra, en y ajoutant la magnifique voix et le glorieux aspectdu seigneur Rocchetti, et voir si, par ce moyen, l’on peut fairevenir plus d’eau au moulin. J’en doute, mais l’on le verrabientôt. Cet opéra sera mis en scène dans quinze jours ou troissemaines : ce sera un Pasticcio quant à la musique, et pour lesparoles, ce sera notre Rolli qui en sera l’auteur. Il a choisi pourcela un sujet fort heureux, d’autant plus qu’il- n’y a besoin queprécisément de quatre voix, ou pour mieux dire, de trois per-sonnages et d’un manche à balai pour figurer le quatrième, etmalgré cela, il peut être intéressant. J’ay eu le bonheur de pou-voir, entre autres maisons, introduire votre marquis Cusanichez la duchesse de Queensbury, un soir qu’elle a eu une grandeassemblée, avec un petit bal pour les petits messieurs et lesjeunes dames ou demoiselles de la pairie. Parmi les premiers,le chevalier Newton a été un des danseurs, et parmi les autresont été la petite milady Cardigan et la belle milady Sophie,grosse jusqu’aux dents d’un petit Thomas qu’elle a dans leventre. J’écris comme je puis, car, en vérité, il n’y a plus moyende mettre la main sur la table sans qu’elle devienne immobile.Je me sens de l’âge des patriarches, et je me dis à moi-même :Voilà ce que tu seras dans vingt ans d’ici au Soleil en Lion (?),quand même tu habiterois le pays de Proserpine. Enfin, c’est un