PAPIERS DE LA BASTILLE
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temps pour songer à la morale : gare les entreprises, on pourroity e'chouer, comme on dit qu’a échoué l’amiral Vernon en voulanttenter une descente dans Püe de Cuba. Je ne sais ce qui en est,car nous n’en entendons encore aucune particularité'-, on s’ennuyeici que cet amiral n’ait encore exécuté aucune entreprise remar-quable; mais s’il n’a pas de troupes de de'barquement, et quesans cela on ne puisse rien faire aux Indes, comme des barbonspre'tendent, que veut-on qu’il exe'cute en ce pays-là? Tant quela France restera neutre dans la querelle, le Lu ne prendra pasà d’autres coins, mais si elle s J en mêle, on remuera ici ciel etterre pour l’embrasement ge'ne'ral; mais en attendant cette dé-cision, l’Espagne restera-t-elle tranquille et patiente? Qu’encroyez-vous, Monsieur? Si elle ne peut pas obtenir que d’autresse déclarent en sa faveur, ne se tournera-t-elle pas, par dépit oupour s’en venger, au parti de céder ce qu’on lui demande? Arrivece qui en voudra, c’est le froid dont je me plains; il est un peutrop indiscret, c’est le refrain de ma chanson, car il me pique auvif. Milady Taff a fait bien des honnêtetés à votre Cusani. C’estune bonne et digne dame : comme elle est moins matelassée quenous, je voudrais que milord Taff lui servît de couverture toutesles vingt-quatre heures du jour, pour la garantir des traits per-çants de notre air glacial. Ce n’est que par pure charité que jefais ce souhait pour elle. A la vérité, il n’y a guère de charité encela pour le pauvre milord, mais comme il s’est battu tant defois contre les Turcs, et qu’il a toujours été invulnérable, jepense que ni le froid ni le chaud ne peuvent peut-être rien surlui. C’est le nec plus ultra où je puisse aller en écrivant. Il fautprendre congé, en protestant à Votre Excellence que je souhaitepassionnément. (i)
MALBRAN DE LA NOUE(nouvelles politiques)
A Francfort, le 2 avril 1745.
Je reçus hier, Monsieur, la lettre que vous m’avez fait l’hon-neur de m’écrire le 27 e du mois dernier.
(t) La fin de cette lettre manque.