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Tome II.
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PAPIERS DE LA BASTILLE

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Je ne suis pas surpris que l’Électeur de Cologne n’ait pointrépondu à la lettre de M. l’abbé Aurillon : il y a, en effet, moinsd’inconvéniens à parler qu’à écrire, et peut-être que les circons-tances présentes demandent que nous nous renfermions danscette maxime.

J’ay l’honneur d’être très-parfaitement, Monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur,

Malbran de La Noue.

Monsieur de Baume%.

Londres, le 17 janvier 1747.

On est ici très-satisfait dans le public du succès des négo-ciations du duc de Cumberland et des dispositions où il a trouvéles Provinces-TJnies d’entrer dans toutes les mesures proposéespar la Grande-Bretagne, pour pousser la guerre avec vigueurcontre la France. Ces nouvelles ont même une telle influencesur l’esprit des particuliers, que si le Gouvernement avoit besoind’un nouvel emprunt de 4 millions de livres sterling, ou mêmedavantage, on le trouveroit en peu de temps, et la haute idéeque l’on a de la prudence, de l’habileté, de la droiture et duzèle du comte de Chesterfield, secrétaire d’État, ainsi que dela conduite et de la valeur du duc de Cumberland, fait que l’oncompte déjà sur une campagne des plus heureuses en Flandres.Pendant qu’on pense ainsi dans le public, le Roy n’a pas étéfort satisfait du rapport que lui a fait le Duc son fils, vu lesrestrictions que les États généraux prétendent mettre à leursengagemens. Ces restrictions déplaisent d’autant plus au Mi-nistère, que la résolution de continuer la guerre est plus forteque jamais à la Cour, où l’on veut profiter jusqu’à la fin de cetteséance de la disposition où est le Parlement de seconder les vuesdu Roy, et d’accorder encore de grosses sommes à Sa Majesté-,si ces sommes procurent le moyen de faire, ainsi qu’on s’enflatte, une heureuse campagne, le Roy pourra se permettre deformer un nouveau Parlement à sa fantaisie. Mais s’il devoit n’enrésulter aucun succès, il est à craindre qu’il n’en arrive de grandsmouvemens dans les provinces, et alors l’argent qui n’aura passervi aux opérations militaires pourra être employé à gagner desvoix pour le prochain Parlement. Ainsi, les gros subsides de la