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Tome II.
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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE

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présente séance servent à deux vües. II ne transpire d’ailleursencore rien de bien précis quant au départ des troupes destinéesà passer en Flandres, mais il y a apparence qu’elles s’embar-queront vers le temps que le duc de Cumberland ira se mettreà la tête de l’armée des alliés.

La nouvelle de l’expulsion des Autrichiens du territoire deGênes n’a fait ici aucune impression, parce qu’on est persuadéqu’on aura bientôt mis les Génois à la raison.

Il y a parmi les Ministres étrangers résidants à cette Cour unmécontentement général, causé par l’usage, qui s’est introduit,d’ouvrir toutes les lettres adressées à ces Ministres, de quelquenature qu’elles soient. Mais c’est une chose établie depuis silongtemps, en Angleterre, qu’il y a lieu de présumer que lesplaintes de ces Ministres n’y apporteront aucun changement, etque les choses demeureront toujours sur le même pied. C’estune des maximes du Conseil qu’il faut que le Gouvernementsoit instruit de tout, afin de savoir si les Ministres étrangerssont bien ou mal intentionnés pour l’État. Ceux qui viennent deporter des plaintes à cette occasion n’ont reçu d’autre réponse,sinon que l’on se piquoit d’une trop grande fidélité aux bureaux des postesd’Angleterre, pour que la faute pût venir de là, mais qu’il se pouvoit fortbien que les lettres étant trop pressées dans les malles, elles se décachetassentd’elles-mêmes, comme cela arrivoit partout, et que, du reste, on auroit soin queles officiers de la Poste générale usassent de circonspection dans la manièred’ouvrir les malles.

Voilà toute la satisfaction. Le baron Wasner, ministre de laCour Impériale, est du nombre de ceux qui se sont plaints à cesujet. Il l’a fait avec d’autant plus de raison, que, selon ce quitranspire, il avoit reçu des instructions particulières concernantles affaires d’Italie, et qui dévoient être tenües secrètes, au lieuqu’à présent il ne peut pas faire la moindre démarche qui ne soitconnüe par ce Ministère. Dans le temps même que le baronWasner se plaignoit le plus fortement d’une pareille indiscrétion,il a reçu un autre paquet de lettres de sa Cour, qui toutes avoientété ouvertes et recachetées avec des cachets contrefaits. Le baronde Solenthal, ministre de Danemark, se trouve dans le même cas.Il ne s’en embarrasse guère, parce que n’e'tant chargé d’aucunenégociation secrète, il lui est fort indifférent que ses lettres soientouvertes ou non. Aussi, ayant été chargé dernièrement de fairedes plaintes à sa Cour sur le peu d’attachement qu’elle montroit