PAPIERS DE LA BASTILLE
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» argigangie qui t’empêche de parler ». Sur-le-champ, il futarrête' et convaincu de ce crime.
Partant de ce point, il semble qu’au premier abord il seroittrès-facile à un avocat de prouver qu’il n’y a point d’ensorcel-lement dans nos détentions, car il n’auroit qu’à dire : « La» conduite du comte de Saint-Florentin, ou duc de La Vrillière,» et de M. de Sartine prouve hautement et incontestablement» qu’ils se sont laissés corrompre tous les deux par les e'cus du» marquis de Marigny, et qu’en même temps, celui-cy, pour em-» pêcher la découverte de ses ensorcellemens, en donnât des» preuves évidentes, par l’avis même du Ministre et de ce ma-» gistrat ».
Et qu’en même temps cet avocat ajoutât : « Le cinq de février» mil sept cent soixante et un, le sieur Henri de Masers envoya» à M. de Sartine un projet pour faire des Abondances dans tout» le Royaume. Il le mit sous sa protection, mais au lieu de» remettre ce projet au Roy, ce magistrat luy pilla un article où» il étoit fait mention du Père Griffet, jésuite, et de M. Hérault,» et par ce moyen il fit faire plusieurs mille muids de provision» de bled pour les communautés de Paris, pour prévenir la famine» dans cette capitale, et c’est ce qui luy fait beaucoup d’honneur;» et il est vraisemblable que cet article a été cause qu’il a été» fait conseiller d’Etat. Ainsy, l’honneur que M. de Sartine veut» conserver de ce dernier article et l’argent que le marquis de» Marigny leur a donné, à luy et à ce Ministre, sont la véritable» cause de la détention de ce prisonnier et de tous les autres qui» concernent feue la marquise de Pompadour. Par conséquent,» vous voyez bien que dans toutes ces détentions, il n’y a» pas l’ombre d’aucun ensorcellement. C’est une corruption» prouvée. »
Effectivement, sans approfondir la matière, cette preuve estaussy claire que le jour, mais présentement il faut faire attentionque toutes les médailles ont un revers, et c’est ce revers quenous allons examiner : icy, il n’y a pas de milieu. Il est incon-testable que le duc de La Vrillière, ministre, avec M. de Sartinese sont laissés corrompre ou que M. de Marigny les a ensorceléstous deux, car tout le monde peut juger qu’ils n’auroient pasentrepris de faire périr tant d’innocens gratuitement, et surtoutle duc-de La Vrillière, qui devoit être l’ennemy mortel de lamarquise de Pompadour, à cause de la disgrâce du comte de