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Tome II.
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406 les dessous de l’histoire

» d’affaire : je sçais les mathe'matiques, c’est-à-dire que je pujs» être inge'nieur, si je veux, ou architecte; je sçais l’arpentage,» la division des champs. J’entends un peu la me'decine, la chi-» rurgie, et j’ay connu beaucoup de commis qui peignoient plus» mal que moy. Quant à l’arithme'tique, il n’y a aucune sorte de» règle que je ne fasse sur-le-champ, c’est-à-dire que je sçais» l’addition, la soustraction, la multiplication, la division, la» règle de trois ou la règle d’or. Je sçais les parties alicotes et» les fractions des fractions, les règles inverses, l’extraction de la» racine quarre'e et de la racine cube, les de'cimales et l’algèbre.

» Or, avec tous ces talens, par le moyen des personnes que» vous venez de me nommer qu’il y a fort longtemps qu’elles» sont icy, qu’elles doivent connoître beaucoup de monde, je» pourray trouver à me placer et à me tirer d’affaire sans les» incommoder. Mais aujourd’huy je suis dans un e'tat pitoyable;» c’est pourquoy je vous supplie en grâce de me donner l’adresse» d’un de mes pays ». Il me re'pondit : « Je ne vous donneray» l’adresse d’un de vos pays que lorsque j’auray reçeu la lettre» de Paris, et avec un secours d’argent; que si quelque chose se» tramoit contre vous aux Etats, j’en auray vent et je vous en» avertiray ». Je repris : « Mais, Monsieur, il faut au moins» quinze jours avant que de pouvoir recevoir cette réponse, et» comment puis-je passer tout ce temps-là? Il ne me reste plus» pour toute ressource que deux mise'rables sols, et je ne sçais» où donner de la tête ». Il me re'pliqua : « Vous n’avez qu’à» faire comme vous pourrez, et je ne vous donneray ces adresses» qu’après avoir reçeu la lettre de recommandation de Paris ».Je sortis de sa maison, mais intérieurement j’enrageois, commetous les diables, contre luy d’un refus si cruel.

Dans cette grande perplexité', je me ressouvins de Fraissinet,et je pensay qu’il ne me seroit point difficile de le trouver, e'tantbanquier. Effectivement, en peu de temps je trouvay son adresseau Marche'-aux-Fleurs. J’y fus, et ayant trouve' sa maison, jefrappay à sa porte. Un jeune homme, que je croyois être sonfils, vint m’ouvrir. Je luy demanday si M. Fraissinet y e'toit. Ilme re'pondit que oui. « Je vous prie, luy dis-je, de m’y faire-» parler ». — « Et que voulez-vous lui dire? » — Je repris :« Comme il est de Montpellier, je ne doute pas qu’il ne connoisse,». Cazelles, Clerqüe et Lardat, qui sont de Montagnac comme• » moy v et je viens le prier d’avoir la bonté' de me donner une de