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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE
seray sorti de prison, avec les intérêts. En même temps, il meremit une lettre que ce bijoutier m'avoit mise dans la sienne, etme donna l’adresse de Lardat, chirurgien, en me disant qu’il memèneroit chez mes autres pays. Je fus donc chez Lardat, natif deSaint-Pargoire. Il me dit : « Feue mon épouse étoit de Montagnac :» elle étoit une Gelly. Je connois toute votre famille, et je ne doute» pas que cela ne fasse un très-sensible plaisir à M. Clerqüe de» vous voir. Allons, mettons-nous à table, et après dîner, nous» irons le voir. Cela fait le plus honnête homme du monde, et» Dieu le bénit : il le comble de biens. » Le lendemain, je fusencore chez Lardat, qui me proposa de retourner chez Clerqüe.Je luy répondis que dans le misérable état où je me trouvois, queje craignois qu’il ne crût que j’allois moins pour le voir que pourluy demander quelque service, et que d’abord que j’aurois reçeul’argent que j’attendois, nous l’irions voir ensemble. Il me ré-pliqua que Clerqüe étoit un fort galant homme, qu’il avoit unesprit bien fait. Je repris : « Deux ou trois jours seront bientôt» passés ». — a Comme il vous plaira », me dit-il. Nous pas-sâmes la demi-journée ensemble, et il ne voulut pas me per-mettre de sortir sans avoir soupe. Le lendemain, j’y retournay,et je lus la gazette qu’on luy portoit tous les jours. Il voulutencore me retenir à souper, mais je luy dis : « Monsieur, je» m’estime trop heureux de la bonté que vous avez de souffrir» que je vienne passer tous les jours deux ou trois heures chez» vous, et, je prendray f»our une marque de votre ennuy, si vous» me priez encore de dîner ou de souper ». — « Comment, me» dit-il, je ne m’attendois pas à un pareil compliment de votre» part. Et pourquoy voulez-vous me priver d’avoir le plaisir de» vous donner à manger? » Je repris : « Que je mange ou que» je ne mange pas, je paye toujours de même à mon auberge, et-» c’est à cause de cela que, sans aucune nécessité, je ne veux» pas vous être à charge ». — « Si ce n’est que cela, me dit-il,» plus de mauvais complimens : mettons-nous à table ». Cepen-dant, cinq à six jours après, il rencontra Clerqüe, et il luy dit :« Il est arrivé icy un de vos pays : Masers d’Aubrespy ». —« Où est-il? » — Lardat luy répondit : « Je sçais où il loge,» mais il vient me voir tous les jours chez moy, et tel jour nous» fûmes chez vous, mais vous étiez sorti ». — « Oh! luy dit-il,» je vous en prie, d’abord qu’il viendra, menez-le-moy, et si je» suis sorti, vous n’avez qu’à m’attendre ». Impatient de me